La monnaie

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  • Publié le : 4 juillet 2010
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CNAM
Cours d’Economie EAR 002

Geneviève SCHMÉDER
Professeur des Universités

LA MONNAIE

La monnaie est l’ensemble des moyens de paiement utilisables et acceptés par tous dans une communauté ou un espace donnés. Résultant d’une convention sociale et matérialisée dans un support n’ayant généralement aucune valeur intrinsèque (papier par exemple), la monnaie ne vaut que par son acceptationpar les utilisateurs (monnaie fiduciaire, de fides : foi, confiance). Sa valeur est celle qu’on lui prête, comme on le voit clairement lors des crises économiques, où la baisse de confiance en la monnaie peut conduire au retour de pratiques de troc dans les échanges.

Les théories la concernant constituent un exemple des différences d’interprétations et de conclusions auxquelles on peut aboutiren modifiant certaines hypothèses de départ.

I Les fonctions de la monnaie

On assigne traditionnellement trois fonctions principales à la monnaie, celles :
- d’étalon de valeur, d’équivalent général et d’instrument d'unité de compte dans la fixation des prix.
- de moyen de paiement et de transaction jouant un rôle d’intermédiation dans les échanges (permettant de dépasser les limitesinhérentes au troc).
- de réserve de valeur (et de pouvoir d’achat) pouvant être stockée (en espèce, dépôts ou épargne) et « constituant un lien entre le présent et l'avenir » (Keynes) . 

II Historique et formes de la monnaie

Pendant longtemps, la monnaie était rare et réservée aux seules transactions portant sur les biens de luxe. Elle prenait la forme soit de morceaux de métal, soit demarchandises (coquillages, sel, grains d’orge à Babylone, morue séchée à Terre-Neuve, bloc de thé au Tibet, tête de bétail dans l’Antiquité méditerranéenne…). La monnaie métallique (argent et or, mais aussi cuivre en ancienne Egypte, fer à Sparte, bronze à Rome) s’est imposée grâce à sa durabilité, sa rareté, sa malléabilité, sa divisibilité et sa forte valeur sous un faible volume. Un systèmebi-métallique (or-argent) a subsisté en Europe jusqu'au 19ème siècle. L’or est restée une monnaie internationale jusqu’à son abandon définitif en 1971.

La monnaie-papier ou monnaie fiduciaire était à l’origine une monnaie de second niveau représentant une certaine quantité de monnaie métallique laissée en dépôt en lieu sûr. Des pièces ou des lingots étaient confiés (souvent pour éviter de les transporter)à un banquier en échange de « billets » de banque correspondant à leur valeur. Représentant une dette payable à vue sous forme de métal par une banque, ces titres étaient eux-mêmes de la monnaie, pouvant servir à tous les usages de celle-ci. Le système reposait sur la confiance en la possibilité de retrouver la monnaie initiale par conversion chez le dépositaire, d’où le nom de monnaiefiduciaire.
Tant que la valeur des billets en circulation n’excédait pas celle du métal conservé en échange, il n’y avait pas création de « nouvelle » monnaie. Il en alla différemment lorsque les banquiers émirent des billets au-delà de la contrepartie représentée par l’or qu’ils détenaient, en misant sur la faible probabilité que tous les déposants demandent la conversion de leurs billets en même temps.En France, cela arriva pourtant à plusieurs reprises : on peut citer les expériences désastreuses de la Banque de Law, qui fit faillite en 1720, ou des assignats de la Révolution, qui ébranlèrent longtemps la confiance en la monnaie-papier.

Pour éviter les abus et faillites de banques dûs à la pratique d’émission de certificats de dépôts en surnombre, au 19ème siècle chaque pays donna unmonopole à une seule monnaie, contrôlée par une banque centrale[1] et s’imposant pour tous les usages. Des discussions théoriques (Ricardo) eurent lieu pour savoir s’il lui fallait limiter l’émission de la monnaie papier aux encaisses métalliques (currency principle) ou si elle pouvait émettre plus de papier monnaie qu'il n'existait de contrepartie physique (banking principle). Dans la pratique, ce...
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