La mort chez les grecs (version complète)

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  • Publié le : 1 décembre 2010
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L'individu, la mort, l'amour a été écrit par Jean Pierre Vernant, auteur de la fin du XXème siècle. Avant de se lancer dans l'écriture, Jean Pierre Vernant était professeur de philosophie mais c'est bien entendu son travail en tant qu'écrivain qui lui a permis de resté gravé dans les mémoires, qui l'a rendu célèbre. Son oeuvre, dédiée à la Grèce Antique, révolutionne la compréhension du mondegrec, elle a changé notre regard sur la population grecque et ses mythes, car il a réussi à s'éloigner de la vision occidentale qui marquait les analyses sur la population de la Grèce Antique. L'individu, la mort, l'amour présente ainsi une réflexion importante et originale sur la façon dont les grecs voient la mort, et c'est sur cet aspect que nous nous axerons. Il analyse notamment les différentesmanifestations du caractère de l'individu et ce qu'il subsiste après la mort. Notre étude portera donc sur les différents aspects de la mort en Grèce, nous verrons en premier lieu que « la mort est l'affaire des vivants », puis que la mort chez les grecs présente une dualité, et enfin que différentes figures divines représentent la mort.

1 La mort est l’affaire des vivants

Dans la sociétégrecque, comme dans notre société aujourd’hui, on fait une distinction entre corps et âme, matériel et immatériel. Chez les grecs cette disctinction s’illustre par la croyance en une âme immortelle, qui serait à séparer du corps (enseignement des philosophes notamment de Platon). Le corps en effet est, contrairement à l’âme, associé à la mort : il est morcelé, dispersé, partiel, transitoire,périssable. D’ailleurs le mot grec « soma » désignant le corps désigne aussi le cadavre : le corps n’est pas vivant, il est juste l’objet de l’âme en quelque sorte puisque c’est elle qui l’anime.

La mort c’est donc la perte de l’âme, soit de la partie la plus intime de soi-même. JP Vernant écrit : « dans la mort les humains sont appelés des « têtes » mais encapuchonnées de nuit, enveloppées deténèbres, sans visage. » La mort, c’est en fait la perte de son identité, associé à l’oubli : c’est pour cela que les morts n’ont plus de visage.

Cette mort oppose les hommes, éphémères, aux dieux qui sont « athanatoi », immortels. C’est ce caractère éphémère qui oblige les hommes à sans cesse « récupérer » de l’énergie, en buvant, en mangeant, en dormant etc. Cette contrainte fait que la mort n’estpas seulement perçue comme la fin d’une vie, lointaine, non : la mort est présente dans tous les gestes du quotidien. Pour les grecs, manger = mourir. (cf mythe de Prométhée sur la condition de mortel)



Pour compléter ces idées qu’ont les grecs au sujet de la mort, on peut s’intéresser aux rituels funéraires qu’ils pratiquaient, que JP Vernant résume ainsi :

« Le corps est d’abordembelli : lavé à l’eau chaude pour le débarasser de ce qui le souille et le salit ; ses plaies, enduites d’un onguent, sont effacées ; sa peau, frottée d’huile brillante, prend plus d’éclat ; parfumée, la dépouille est parée d’étoffes précieuse, exposée sur un lit de parade à la vue de ses proches pour la déploration. Le cadavre est ensuite, dans la tradition homérique, brûlé sur un bûcher dont lesflammes dévorent tout ce qui, en lui, est fait de chair et de sang, c’est-à-dire à la fois mangeable et sujet à la corruption, ce qui donc se rattache à cette forme éphémère d’existence où vie et mort sont inextricablement mêlées. Seuls subsistent les os blancs, incorruptibles, non entièrement calcinés et qu’il est facile de reconnaître en les distinguant des cendres du bûcher, pour les recueillir àpart et les déposer dans le tombeau. »

Les rituels rejoignent l’idée de perte de l’individualité.



2 Dualité de la mort



La mort grecque est une mort à deux faces : d’une part, il y a la mort héroïque, idéale, celle qu’on appelle la « belle mort ». C’est la mort glorieuse du héros, décédé en accomplissant de hauts faits (ex d’Achille). Cette mort est belle parce qu’elle...
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