La mort dans l'odyssée du chant v a xiii

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Etude du thème de la mort dans les chants V à XIII de l'Odyssée

I] La mort, condition des Hommes
a) Les Hommes, simples mortels
Ce qui caractérise les Hommes, c'est leur condition de « mortels », par opposition à celle des dieux, les « Immortels ». Quand Ulysse se présente à Alcinoos, c'est cette opposition qu'il met en avant : « je ne ressemble aux Immortels qui possèdent le cielimmense/par la taille ni part le port : je ne suis que mortel » (VII, v.208-210). Ulysse est conscient de sa condition d'Homme et en accepte la finitude. Il refuse l'immortalité que lui offre Calypso et accepte la mort, mais il veut mourir chez lui : « que je meure, mais revoyant/mes servantes, mes biens et ma grande haute demeure » (VII, v.224-225). Or, c'est là ce que semblent lui refuser les dieux en luiimposant son périlleux voyage.
b) La mort au détour du voyage
Depuis leur départ de Troie, le périple d'Ulysse et de ses compagnons est une course contre la mort. Dans le récit d'Ulysse, on suit le décompte macabre de ses compagnons qui meurent un à un : six compagnons par bateau après la bataille contre les Cicones (IX, v.60-61) ; par deux fois, deux compagnons servent de repas à Polyphème ;un des éclaireurs en pays lestrygon est dévoré par Antiphatas, puis plusieurs autres sont tués par l'assaut des géants ou harponnés comme des poissons, jusqu'à l'anéantissement de tous les vaisseaux, excepté celui d'Ulysse (X, v.131-132). Sur la route entre Charybde et Scylla, six marins sont happés par Scylla devant son antre. Enfin, le héros perd ses derniers compagnons après le sacrilège commissur l'île du soleil.
c) La mort visible
Homère fait d'Ulysse une sorte de témoin du spectacle de la mort. Epreuve scandée par un phrase qui se répète à travers le poème : « Nous reprîmes alors la mer avec tristesse, heureux d'être vivants, mais pleurant nos compagnons morts » (IX, v.566 ; X, v.134). Ulysse décrit avec des détails pathétiques et un réalisme cru ses compagnons harponnés par lesLestrygons ou déchiquetés puis dévorés par Polyphème. Voir la mort à l'œuvre autour de lui fait partie du parcours initiatique d'Ulysse qui doit l'affronter concrètement sans mourir pour autant.

II] L'évocation des morts ou nékuia
a) Une étape indispensable
Mais Ulysse doit affronter la mort de façon encore plus angoissante puisqu'il doit se rendre au royaume des morts. C'est là une étapeindispensable de son initiation. Circé le lui annonce : il doit accomplir un « autre voyage » (X, v.490). Sans doute cette étape s'inscrit-elle dans une longue tradition qu'Homère ne fait que reprendre. Elle semble un passage obligé de l'épopée. Elle porte d'ailleurs un nom spécifique en grec : le séjour aux Enfers est une nekuia, terme qui signifie « sacrifice pour l'évocation des morts », d'où le nomde nekuia donné par les anciens au chant XI de l'Odyssée.
b) La rencontre des morts
Contrairement à Enée qui les parcourt véritablement en compagnie de la Sibylle de Cumes, Ulysse, lui, ne chemine guère à l'intérieur des Enfers. Il semble s'y tenir immobile et attendre que les âmes viennent à lui. C'est pourquoi, dans l'Odyssée, les Enfers ne sont guère décrits en tant qu'espace. Ulysseassiste à un défilé d'ombres anonymes ou célèbres qui viennent dialoguer avec lui. Homère n'interroge par la question du jugement des âmes qui préoccupera Platon des siècles plus tard. Nulle notion de châtiment ou de récompense posthume. Seuls trois grands criminels punis d'un châtiment redoutable sont mentionnées à la fin de nekuia : Tityos, Tantale et Sisyphe.
Pour autant, la condition des morts n'arien d'enviable. Ils apparaissent comme une meute d'ombres avides de sang noir, symbole de vie, qu'Ulysse est obligé de repousser pour pouvoir consulter Tirésias. Désespérément avides de retrouver un peu de vie, ils donnent l'image d'une souffrance, d'une privation pathétique et effrayante.

III] Contre la mort, l'éloge de la vie
a) L'instinct de survie
Dans l'Odyssée, à l'omniprésence de...