La mort demma

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  • Publié le : 5 décembre 2010
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MDAME BOVARY

 
Une scène de crise
- Rappelons que d'un point de vue médical, un état critique est le moment où va se décider l'issue d'une maladie, en s'orientant soit vers la guérison, soit vers la mort.
 
 
Structure générale du texte (les connecteurs rendent visible chaque partie)
1. Une rémission momentanée: « Cependant » (temporel et logique)
2.Une lutte entre la vie et la mort: « Jusqu'au moment où », « Alors », « aussitôt »
a. De l'espoir à la mort.
3. le coup de grâce: « Tout à coup »
 
 
Le parcours d'Emma dans cette scène évolue de la « sérénité » à « l'épouvantement »
b. Une description réaliste et convulsive
 
 
Description particulièrement réaliste d'un ensemble de symptômes:« haleter », la « langue tout entière » qui « sort de la bouche », des yeux qui « roulent », l'  « accélération de ses côtes, secouées par un souffle furieux », « la prunelle fixe, béante »; le texte s'achève sur une « convulsion ». La violence de la description de Flaubert naît d'une vision réaliste, corporelle des symptômes de la mort approchant.
Sorte d'accélération du rythme des phrasesdans la seconde partie. Enchainement rapide des connecteurs (« jusqu'au moment où », « alors », « aussitôt ») et énumération du comportement des différents personnages: « Félicité s'agenouilla », « le pharmacien fléchit les jarrets », « tandis que M.Canivet », « Bournisien s'était remis en prière », « Charles était de l'autre côté, à genoux… ».
La référence aux différentes parties du corps( « poitrine », « langue », « yeux ») suggère une perte de contrôle de celui-ci.
Présence constante du champ lexical du religieux: « sacrement », « prêtre », « Seigneur », « salut », « communion », « âme », « crucifix », « prière », « soutane », « ecclésiastique », « oraisons », « syllabes latines ».
La mort gagne progressivement, entraînant une séparation des deux substances:la première partie suggère une (re)prise de conscience (Emma est sujet de la plupart des phrases); la seconde est le moment de la séparation « âme-corps » ( « comme si l'âme eût fait des bonds pour se détacher », qui d'ailleurs conduit « à la croire déjà morte »); enfin Emma apparaît comme un « cadavre qu'on galvanise » (la galvanisation consiste à activer un muscle en faisant passer une sorte decourant électrique; c'est donc un mouvement obtenu par une source extérieure au corps, artificiellement), et donc un corps sans âme.
Cette progression suggère ainsi qu'Emma est  morte avant même sa mort effective. On remarquera que l'instant de la mort n'est d'ailleurs pas marqué: la phrase « Elle n'existait plus » utilise une valeur assez rare de l'imparfait qui, ici, permet de faireune sorte d'ellipse: ici, l'instant de la mort est comme enjambé, il est comme passé sans avoir été clairement aperçu, identifié.
c. Une lutte entre l'âme et le corps.
II. Un dénouement tragique
a. Un personnage « maudit »
La phrase du prêtre, pour « rassurer » Charles, prend une tournure très sombre au regard de ce dénouement: « le Seigneur, quelquefois, prolongeait l'existence despersonnes lorsqu'il le jugeait convenable pour le salut ». Dans cette perspective, Dieu semble avoir abandonné Emma.
 
 
La scène du miroir peut s'interpréter comme une sorte de regard de sa propre conscience: Emma semble comme « frappée » par sa propre image.
Le champ lexical du religieux disparaît lorsqu'entre en scène l'aveugle. Personnage récurrent (qui revient), ilapparaît donc clairement comme une allégorie du destin d'Emma
La fin du texte figure une plongée dans les « ténèbres éternelles »: l'aveugle apparaît, sinon comme un diable, comme une sorte d'ange exterminateur, de messager de la mort, venant punir les fautifs. Emma croit voir sa « face hideuse » qui lui crée ainsi un « épouvantement ». (On rappellera qu'au bal de la Vaubyessard,...
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