La mort est mon metier

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  • Publié le : 19 juin 2010
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Ce n’est pas un livre de plage, ni un livre de détente, c’est un livre dur, qui fait mal car il nous rappelle l’ignominie de la Shoa, qui livre qu’il fait parti du devoir de mémoire.
Robert Merle nous raconte l’histoire de Rudolf Lang (en réalité Rudolf Hoess) commandant du camp d’Auschwitz.

Extrait de la préface du livre écrite par Robert Merle signé du 27 avril 1972
Il y a bien des façonsde tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !... ».
Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés parl’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’onne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient auxplus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux.

Robert Merle retrace dans la première partie du livre l’enfance de Rudolf Lang en se basant sur les résumés des entretiens dupsychologue américain Gilbert qui l’interrogea au moment du procès de Nuremberg.

Lang à eu une enfance très dure. Son père le destinait à devenir prêtre. Nous apprenons que ce père dur, froid, insensible a commis une faute envers sa femme à Paris (cocufiage ? rencontre de prostituées ?) et que depuis cette faute il s’est mit en tête de prendre sur lui l’ensemble des fautes de la famille ainsi que defaire don de son fils à l’église. On sent également une très forte frustration de ne pas être devenu officier comme les autres hommes de la famille.
Il va formater Rudolf à obéir, sans réflexion, juste obéir.

Cet extrait glaçant nous prouve cette vision théorique des choses, sans humanité, sans réflexion, sans interrogation sur ce qu’on lui demande mais uniquement un but : réussir, obéir,accomplir son devoir.

« Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
J’avais beau tourner et retourner le problème soustoutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucunmoyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.

Je m’enfermais dans mon...
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