La mort et le bucheron

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  • Publié le : 1 décembre 2011
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La Mort et le Malheureux La Mort et le Bûcheron
Simonide, sans l'avoir cherché, est préservé par les Dieux. Le Malheureux et le Bûcheron croient un moment que la Mort pourrait les préserver. Cette illusion ne dure pas.
Fable XIV : Les Dieux préservateurs apparaissent à la porte d'une maison où se trouve Simonide pour l'avertir. Fable XV : la Mort vient frapper à la porte du Malheureux qui l'aappelée, mais il la chasse dès qu'il la voit. Fable XVI : le Bûcheron, sans avoir même entraîné la Mort dans sa chaumine, lui demande de l'aider à recharger le bois...
Des maisons, des hommes, la préservation, les puissances supérieures, leur dangerosité, la question des relations avec elles, voilà moyens de passages, en tous sens, entre ces fables. Il en est, au moins, un autre...
Simonidepréservé par les Dieux, nous l'avons vu, est marqué par le deux, comme plusieurs fables qui l'environnent. Les fables XV et XVI ne comportent pas ce nombre, mais elles forment couple. Dans une petite prose intermédiaire, en effet, un je, que le lecteur doit attribuer à La Fontaine, joint la première, qu'il s'attribue, à la seconde, qu'il attribue à Esope. Selon lui, le sujet a été traité d'une autrefaçon par Esope comme la fable suivante le fera voir. Il donne donc à lire une succession, une identité, une différence.
Ces deux fables traitent deux fois même sujet, mais de deux façons, qui procèdent de deux auteurs, qui sont pourtant, en quelque manière, pareillement étrangers à leurs textes : Esope n'a pas écrit la fable française qui lui est attribuée; La Fontaine (ou, du moins, le je),signale qu'il n'aurait pas présenté la fable qu'il s'attribue, sans le mot de Mécenas, qui fait un tiers du texte. La première fable, quoique de La Fontaine, est donc largement de Mécenas tandis que la seconde, quoique d'Esope, est largement de La Fontaine. Voilà donc trois auteurs, un grec, un romain, un français moderne, ou si l'on veut, un esclave, un richissime protecteur des arts, un homme derang moyen, qui sont et ne sont pas auteurs de deux textes, liés par un troisième dont l'auteur se manifeste par un je... En cet ensemble, ces trois sortes de personnes, pour reprendre une expression de la fable précédente, sont deux fois groupées par deux, en deux fables distinctes, et qui ont pourtant même sujet. L'unité se déploie en trois par couples de deux.
Tout couple porte identité etdifférence : ces fables XV et XVI sont identiquement des fables, mais ce sont des fables distinctes. Elles sont doublement deux : jumelles, en ce qu'elles traitent même sujet, elles se distinguent par leurs façons. La première est dite générale, la seconde n'est pas caractérisée par un adjectif. Appelons là non générale.
Cette non généralité se lit dès le titre : Le Bûcheron s'oppose au Malheureux. LeBûcheron appelle des objets, un paysage, un rang social, éventuellement des conditions politiques, et une époque. On trouve, en effet, dans la fable, un fagot, une chaumine enfumée, la femme, les enfants, le créancier, et la corvée...
Tous ces éléments font pour le Bûcheron, et, plus subtilement, pour le lecteur, d'un malheureux la peinture achevée.
La Mort et le Malheureux, en revanche,n'est peinture achevée, ni pour le Malheureux, ni pour le lecteur. Il n'y a pas dans cette fable de paysage, d'objets, de rang social, de situation politique, ou d'époque. Nulle allusion même à la machine ronde, qui est expression caractéristique des philosophes modernes. Le malheureux est sans lieu, ni date. Il est hors des choses et de la pensée réelle.
Lisant ensemble les deux fables, on entendque Rendre la chose générale, c'est faire une peinture non achevée. Inversement, la peinture achevée suppose le non général, c'est-à-dire les choses, le paysage, la politique, le temps...
Selon le petit texte intermédiaire en prose, c'est une raison qui a contraint le je à rendre la chose ainsi générale. En première lecture, on peut penser que cette raison n'existe plus puisque la fable non...
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