La naissance de la poésie

La poésie du Moyen Age (880-1500)

Introduction

Traditionnellement, les historiens font débuter la période appelée « moyen âge » (intermédiaire entre l’antiquité et le et les Temps modernes), à la chute de l’Empire romain d’Occident (Romulus Augustule est déposé en 476), et la font se terminer avec la chute de l’empire romain d’Orient (1473, prise de Constantinople, et fin de la guerre deCent ans). Ces dates ne correspondent pas avec la réalité littéraire médiévale, telle qu’elle se présente dans la matérialité des textes conservés par les manuscrits. Le plus ancien témoignage écrit de la langue vulgaire d’oil, Les Serments de Strasbourg, prêtés par Louis le Germanique, datent de 842, et le premier texte littéraire, Le cantilène ou la séquence de Sainte Eulalie, de 880 environ. Dansl’état de la documentation manuscrite, on ne peut parler de littérature française médiévale que à partir du 9e siècle.
La poésie, entendue au sens d’écriture en vers, occupe une place au premier plan. Le vers français, est aussi vieux que la langue d’oil. Le 12e siècle, époque foisonnante, voit se développer la chanson de geste, le roman, , le théâtre, l’amour courtois n’offre pas une seuleœuvre en prose. Il faudra attendre le 13e siècle pour qu’apparaissent des œuvres en prose.

En outre, du point de vue linguistique, le Moyen Age englobe deux états de langue imbriqués sur certains points mais distincts sur de nombreux autres. La ménestrandie et la rhétorique, dans l’histoire de la langue, à l'ancien français  caractérisé par la déclinaison à deux cas (cas sujet, cas régime, et aumoyen français,  qui est dépourvu de flexions et tend par la construction à se rapprocher du français moderne. Au temps de la ménestrandie, poésie et musique sont mêlées, c’est-à-dire que le trouvère est doublé d’un musicien, en dehors du genre purement narratif ou didactique, et il a généralement pour interprète le jongleur qui chante ou récite en public. Les rhétoriqueurs écrivent directement pourle lecteur; notons que rhétorique alors signifiait poétique; les arts de Rhétorique sont des Arts d’écrire en vers comprenant traité de versification et poétrie, c’est-à-dire mythologie et accessoires de style. La Rhétorique commence avec Guillaume de Machaut, le dernier poète du Moyen Age, qui fut également compositeur de musique, et Eustache Deschamps qui écrivit L’Art de dictier et de ferechançons. Dès cette époque, les manuscrits se multiplient; un grand nombre de personnes qui savaient écouter apprirent à lire, même si leur mémoire devait s’affaiblir quelque peu par manque d’exercice, et l’intermédiaire ne fut plus le récitant, mais le copiste. 

Cette évolution linguistique conditionne celle de l’évolution poétique dans ce quelle a de technique : la rime, le compte des syllabessont tributaires non seulement de la phonétique, mais des usages morpho syntaxiques.

Toute la littérature en langue vulgaire est destinée à être chantée. La lecture, celle du vers comme celle de la prose, se fait à voix haute.

Les acteurs de l’activité littéraire ; le clerc et le jongleur :
- le clerc est un homme d’Eglise, qui sait lire et écrire. En lui s’unissent l’activitéintellectuelle et l’effort spirituel.
- Le jongleur : condamné par l’Eglise, est l’homme ou la femme de l’oral et de la performance. Le mot joculator est attesté dès le 6e s, prouve bien qu’il s’agit d’un amuseur, professionnel et itinérant. Peut avoir des activités variées (mime, musicien, chanteur, danseur, acrobate…). Tous ne se consacrent pas à la récitation, mais ceux qui l’ont fait ont joué un rôleconsidérable dans la diffusion et parfois l’élaboration des formes poétiques. Ils assurent l’actualisation orale et vocale nécessaire à l’œuvre médiévale ; dons leur rôle décroît au fur et à mesure que la civilisation de l’écrit progresse. A partir du 13e s, ils cherchent à être employés à plein temps par un seigneur.

Le livre du ma s’appelle codex, formé comme un livre moderne (et plus...
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