La nausee

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  • Publié le : 14 janvier 2010
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L’existentialisme selon Jean-Paul Sartre
par Martin Godon, Cégep du Vieux Montréal.

 Figure de proue du courant de pensée existentialiste, Jean-Paul Sartre a fourni un effort considérable en vue de définir précisément son concept fondateur.
Dans l’opuscule “L’existentialisme est un humanisme”, Sartre déclare que pour la pensée existentialiste toute vérité et toute action impliquent un milieuhumain et une subjectivité humaine. Cela veut dire que tous les aspects de cette doctrine se rapportent à l’être humain et à sa faculté de prendre conscience de sa situation.

 L’en-soi et le pour-soi

On trouve le premier fondement original de l’existentialisme sartrien dans la distinction entre l’être en-soi et l’être pour-soi.  Ainsi, l’en-soi et le pour-soi s’opposent. 

“L’en-soi” estla caractéristique de toute chose, de toute réalité extérieure à la conscience. Le concept d’en-soi désigne ce qui est totalement soumis à la contingence, c’est-à-dire tout ce qui est sans liberté et ce qui n’entretient aucun rapport à soi.  L’existence de tout en-soi est passive en ce sens que, par exemple, un vélo ne peut décider d’être autre chose qu’un vélo. Un sapin n’exige jamais de sonjardinier préféré une taille en forme d'ourson parce qu'il deviendrait sentimental. Sans conscience, le sapin demeure toujours égal à lui-même. Ce concept d’en-soi se rapporte donc aux choses matérielles parce qu’elles existent indépendamment de toute conscience.

“Le pour-soi” désigne l’être de l'homme. Pourvu d’une conscience qui fait de lui un être tout à fait particulier, l’être humain sedistingue de “l’en-soi”. Étant donné cette conscience capable de se saisir elle-même, le pour-soi a comme principal attribut une liberté absolue. Cette liberté est une possibilité infinie de choisir.

Contrairement à l’en-soi qui coïncide toujours avec lui-même, le pour-soi, c’est-à-dire l’être humain, peut faire varier indéfiniment la conscience qu’il a de lui-même. Par exemple, mon vélo n’est,précisément, qu’un vélo.  Rien d’autre. Il est absolument incapable de prendre conscience de ce qu’il est et de sa situation. Trop abîmé, il sera devenu un déchet. Ce vélo devenu déchet ne sera rien d’autre qu’un vélo devenu déchet.  Tandis que lorsque je conduis ma bicyclette, je suis ce que je ne suis pas.  C'est-à-dire que, demeurant un être humain, je suis pourtant devenu cycliste, ce que je n’étaispas à l’origine, et ce que je ne serai plus déjà dans quelques instants. De plus, chevauchant hardiment mon vélo, je puis à tout moment m’imaginer dans une tout autre situation, par exemple  je puis d’avance me délecter de la baignade vers laquelle je me dirige.

 L’existence précède l’essence

La formule sartrienne la plus célèbre qui permet de définir ce courant de pensée est sans doute :L'existence précède l'essence.

En ce qui concerne l’en-soi, la chose peut correspondre à un schéma, à un plan, à un concept.  On parle alors de l’essence de cette chose.  Ainsi, l’essence du vélo correspond à l’idée générale qu’on a tous de cet objet, indépendamment de sa couleur, de sa grosseur, etc.  On dit alors que l'essence (ou encore l'idée, le plan, le concept ...) précède l'existence. SiJean-Paul Sartre peut admettre une telle explication pour tous les objets, il prétend qu’une telle façon de faire ne peut rendre compte de ce qu’est l’être humain.

Il n'y a pas d'essence humaine antérieure à l'existence de l'homme. Selon Sartre, il est impossible d’obtenir une définition théorique totalement satisfaisante qui permettrait de savoir précisément ce qu’est l’être humain. Celui-ciexiste tout d’abord et se définit ensuite par rapport aux actions qu’il a posées. S’inspirant de Karl Marx, Sartre nous invite donc à définir l’être humain par les action qu’il produit plutôt que par des idées ou des croyances.

 

L’athéisme

L’existentialisme sartrien est athée. Cela signifie qu’au point de départ on trouve la conviction que Dieu n’existe pas. Sartre tente de tirer...
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