La notion de style

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  • Publié le : 18 décembre 2010
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LE STYLE.

Le style est un principe d'identification qui permet de repérer l'appartenance d'un objet, d'un geste, ou d'une posture à un genre déterminé. Il est un critère par lequel on peut situer un objet dans un ensemble culturel plus vaste. Mais cet usage recouvre une distinction : on parle du style d'un meuble, d'un tableau, pour le rattacher à un ensemble d'objets du même type, qui mettenten avant les mêmes caractéristiques, le style est distinctif mais également descriptif, il permet de classer des objets dans une classe ; dans un autre sens, dire d'un objet, ou d'une personne, qu'elle a « du style », c'est affirmer sa valeur distinctive, sa singularité, ce qui le rend inclassable et affirme son unicité. Dans le premier cas, la notion de style permet la subsomption dans uneclasse plus général alors que dans le second, le même terme affirme l'impossibilité de cette subsomption. Comment cela est-il possible ? Dans les deux cas, la notion de style souligne néanmoins la cohérence de l'objet désigné. Faire des « effets de style », c'est tenter de singer ce qu'on ne maîtrise pas, une technique qui rend cohérent l'ordonnance d'une pluralité d'éléments ou encore tenter de sesingulariser. Mais comment penser, à partir d'un même terme, cette oscillation entre un usage descriptif et un usage distinctif qui, de prime abord, semblent contradictoires ? Pour répondre à cette question, on se demandera dans un premier temps si le style, qui désigne un ensemble de caractéristiques qui permet un classement, laisse une marge à l'individu pour affirmer son style : y a-t-il uncertain usage des styles ? En second lieu, on verra quels sont les critères qui permettent de parler du style en tant que singularité et indépendance vis-à-vis des normes : une telle valeur est-elle possible sans que l'on ait recours à la notion de style prise dans son sens descriptif ? Enfin, on se demandera si une étude des styles est possible : le style, pris comme valeur individuelle, joue-t-ilcontre le style en tant que système établi ?

Le style, en tant que concept classificatoire, est toujours pensé au pluriel : art gothique, art roman... autant de styles qui permettent une typologie et un classement des productions humaines. Il désigne une configuration formelle, un ensemble de caractéristiques démontrables qui transcende l'objet dont on parle afin de le relier à une classe plusvaste d'objets qui présentent les mêmes configurations formelles. Le style est donc un système de formes qui possèdent une expression significative. Par exemple, la musique baroque se reconnaît par l'utilisation de l'art du contrepoint, la peinture expressionniste par le jeu entre l'ombre et la lumière... André Malraux, dans Le musée imaginaire, définit l'art comme le domaine où « les formesdeviennent style » c'est-à-dire que les formes qui se manifestent dans une pluralité d'objets permettent à ces derniers d'entrer dans un rapport d'expression qui s'établit selon des formes constants. Le style peu donc être définit comme un système de formes, un ensemble cohérent, qui insère l'objet dans une filiation, une hérédité. Le style dépasse le simple sens formel au sens où il ne désigne passeulement son apparence matérielle, mais aussi son sens symbolique : le style est un trait formel qui a une valeur descriptive mais qui exprime également un sens. Le style n'est donc pas une simple convention formelle, technique, propre à une époque ou lieu donné. Les formes font système pour créer un style car il existe enter elles un rapport organique notamment entre les formes extérieures(l'agencement des figures dans un tableau, les motifs d'un fronton d'église...) et la forme intérieure, le médium de ces formes extérieures (musique, peinture). On peut qualifier de style ce qui manifeste cette solidarité entre la forme extérieure, l'apparence sensible qui se manifeste, et la forme intérieure, le sens de cette apparence. Comme l'explique Heinrich Wölfflin dans ses réflexions sur l'histoire...
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