La peinture dans le minimalisme

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  • Publié le : 16 décembre 2012
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LA PEINTURE DANS LE MINIMALISME.

INTRODUCTION.

Contexte.

Le terme « minimalisme » apparait en 1937 dans le texte d’un artiste américain né en Russie, John Graham, intitulé « Système et dialectique de l’Art » qui appelle à une peinture uniforme, il réapparait dans un article de Richard Wolheim, paru en janvier 1965 dans Arts Magazine. Cet article cherche à analyser l’une des conséquencesde l’esthétique moderne : la faiblesse du contenu, au sens pictural du terme, moyen de minimiser le « contenu artistique » du produit final.

L’art minimal évoque un art de la réduction, de l’austérité stylistique, de la forme épurée et du geste artistique. Ramené à une expression la plus neutre possible, comme s’il fallait faire table rase du passé esthétique pour créer une nouvelleexpérience artistique. Pourtant, on va voir que les artistes minimalistes recouvrent des pratiques totalement diverses. Cependant, un même fonds d’articulation trouverait sa source dans le constructivisme russe, dans le Bauhaus, dans le ready-made de Duchamp, dans la peinture de Mondrian et la sculpture de Brancusi. De même, la position de Malevitch plaçant un carré noir sur fond blanc et affirmant quel’art n’a pas besoin d’être visuellement complexe pour fournir une expérience complexe, participe d’une même cohérence de réflexion. Pour la première fois on a une peinture véritablement abstraite ; par sa simplicité géométrique, elle constitue une peinture qui cesse d’être une composition subjective pour se concentrer sur sa propre réalité.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la peintureaméricaine se développe très vite vers des abstractions de grand format. Pollock avec ses premiers Drippings en 1947, puis le premier Zip Painting de Barnett Newman en 1948, et Rothko peint son premier rectangle de couleur flottant en 1949. Même si ces tableaux pouvaient encore être ressentis comme des espaces de couleurs subjectifs dans lesquels on voyait se refléter la volonté d’expression del’artiste, ils rejetaient en même temps les procédés de compositions traditionnels.

Ainsi, il convient d’examiner à travers les données esthétiques du minimalisme si l’on peut parler réellement de peinture dans le minimalisme ? En effet, lorsqu’on évoque le terme d’art minimal, on a immédiatement en tête des images de sculptures, voire d’objets possédant des caractéristiques simples et qui sont lerésultat d’opérations mentales logiques.

On va étudier dans un premier temps, la peinture comme précurseur du minimalisme à travers essentiellement deux artistes que sont Ad Reinhardt et Frank Stella ; Pour dans un second temps s’axer sur certains artistes qui sont admis dans le cercle des minimalistes mais l’on verra que par certains aspects, ils s’en démarquent.

I/ La peinture commeprécurseur du minimalisme.

Ad Reinhardt : vers une planéité parfaite.

Né en 1913 et décédé en 1967, il reste l’un des seuls peintres de sa génération à ne pas être passé par une phase surréaliste mais à avoir délibérément et dès le début choisi des formes non représentatives. Il fait d’ailleurs parti de l’AAA (American Abstract Artists) dès sa création en 1936.
Au fur et à mesure de sa carrière, ilse radicalise ; des compositions avec des formes géométriques dans les années 40, son travail progresse dans les années 50 vers des toiles peintes dans différentes nuances de la même couleur (rouge, bleu, blanc). En 1953, il n’utilise plus qu’une peinture sombre, proche du noir.
Enfin, dans les années 60, il commence les peintures dites « noires », les Ultimate Paintings, qu’il peindra jusqu’àla fin de sa vie : des toiles qui semblent à première vue être simplement peintes en noir et sont en fait composées de subtiles nuances de noir. Ce sont pour lui « les dernières peintures que l’on peut peindre », des peintures qui frôlent sans cesse l’extrême limite au-delà de laquelle l’œuvre n’existe plus. A mesure que les couleurs s’assombrissent, et donc que les lignes se trouvent de...
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