La peinture moderne en france xixe et xxe siècle

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  • Publié le : 19 mai 2010
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La notion de modernité envahit l'art et les institutions au XXe siècle, mais elle émerge vers 1850 pour désigner les grands changements survenus au XIXe siècle provenant des révolutions techniques et industrielles. La « modernité » est un mode de pensée, de vivre et de créer qui se veut résolument nouveau fondé sur le changement et en réaction (comme c'est toujours le cas lors d'évolutionsmajeures) aux temps qui l'ont précédé. Dans Le Peintre de la vie moderne, Charles Baudelaire trouve la beauté dans la rue et il la voit changeante, mobile ; chez l'artiste moderne, il salue l'aptitude à dégager du transitoire du quotidien l'éternel de la beauté. Chez Walt Whitman, on s'attache à observer l'impressionnant quotidien en perpétuel mouvement. La beauté n'est plus désormais l'apanage del'antique. La culture de masse et le divertissement populaire écrase et signe la fin de l'exaltation de la morale officielle. On trouve de nouveaux sujets traités empreints d'une modernité toute nouvelle, notamment industriels comme c'est le cas de La Gare Saint-Lazare de Monet, où l'on ne trouve guère de regard nostalgique, et c'est là la modernité véritable. La touche impressionniste, apparente, sedistingue de la touche plus lisse qui était auparavant de mise dans les conventions de l'époque. On observe également une plus grande liberté dans les couleurs. D'un point de vue institutionnel, l'émergence de la modernité ébranle l'Académie dans son pouvoir d'autoriser ou non l'entrée d'une œuvre au salon. Les jurys des salons commencent à perdre leur crédibilité absolue pour les peintres, l'Étatet le public.

L'impressionnisme, qui a cessé d'être représenté un groupe cohérent d'artistes depuis le début des années 1880, avait cherché à inculquer aux peintres des idées simples, à savoir, par exemple, qu'ils ne devraient pas rester confinés dans leur atelier, mais qu'ils auraient avantage à travailler aussi en plein air, et à peindre la nature telle que nos yeux la voient, avec sa lumièreréelle. Cela ayant été dit, il avait joué son rôle. Après la bataille et le triomphe final, il connut le sort de l'impressionnisme littéraire crée par les Goncourt. Son défaut avait été de réduire le rôle de l'artiste à la pure vision matérielle, de réduire, sinon d'annihiler la part de l'intelligence créatrice. Le principal reproche qu'on pouvait lui faire était d'avoir continué à faire de lapeinture un art imitatif. Pour eux, comme tous leurs prédécesseurs, l'art ne pouvait se concevoir que comme une recherche de la ressemblance, mieux : une quête de la vérité. Sans doute, la vieille conception platonicienne selon laquelle le beau s'identifie au vrai pourrait-elle aux peintres qui ont succédé aux Impressionnistes. Mais seulement en donnant un sens moins restrictif au mot vérité. Etc'est ce qu'on fait les initiateurs de l'art moderne. En peinture, c'est en premier lieu à Cézanne, Gauguin et Van Gogh que l'on doit de s'est engagés dans cette voie, dès la fin du XIXe siècle. Ils sont les grandes figures de ce que l'on a appelé la période Post-Impressionniste. Au cours des trois décennies suivantes, Henri Matisse et les Fauvistes, Ernst Kirchner et les Expressionnistes allemands,Pablo Picasso et les Cubistes, et beaucoup d'autres ne feront que suivre leurs leçons.

Le Post-impressionnisme

Cézanne.
Paul Cézanne (1839-1906) est souvent décrit comme le principal maillon entre l'Impressionnisme et la peinture du début du XXe siècle. Sa méthode peut être résumée avec le terme de constructivisme : il construit ses tableaux à partir pièce par pièce, à partir de sesperceptions de la réalité, en s'attachant à reconnaître la cohérence qui les lie. La toile du peintre n'est plus le lieu où l'on simule une représentation de l'espace tridimensionnel en recourant à la perspective : elle reste un espace à deux dimensions, exactement comme la feuille de papier sur laquelle s'exprime l'écrivain. Dans les deux cas il s'agit donc de rendre compte de la réalité par un...
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