La pensée systémique

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  • Publié le : 6 octobre 2009
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La Pensée Systémique
La pensée systémique
LE PARADIGME SYSTÉMIQUE
La Méthode : d'un discours à l'autre
Depuis le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison de Descartes en 1637, quatre préceptes régissent nos modes de pensée :
le précepte d’évidence : ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle,
le précepteréductionniste : diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre,
le précepte déterministe ou causaliste : conduire par ordre mes pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusques à la connaissance des plus composés,
le précepte d’exhaustivité :faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre
La systémique n’a rien moins que l’ambition d’y substituer les préceptes d’un nouveau discours de la méthode :
le précepte de pertinence : tout objet que nous considérons se définit par rapport aux intentions implicites ou explicites du modélisateur,
le précepte duglobalisme : considérer toujours l’objet à connaître par notre intelligence comme une partie immergée et active au sein d’un plus grand tout et le percevoir d’abord globalement, dans sa relation fonctionnelle avec son environnement,
le précepte théologique : interpréter l’objet non pas en lui-même mais par son comportement en cherchant à comprendre ce comportement et les ressources qu’il mobilisepar rapport aux projets que, librement, le modélisateur attribue à l’objet,
le précepte d’agrégativité : convenir que toute représentation est délibérément partisane pour le modélisateur et rechercher des sélections d’agrégats tenus pour pertinents en excluant l’illusoire objectivité d’un recensement exhaustif des éléments à considérer.
C’est un changement radical de nos modes de penséeet de nos façons de voir, une autre logique. Il n’est pas trop fort de parler de paradigme systémique où la modélisation et le modélisateur jouent un rôle de premier plan, d’une autre rationalité libérée du modèle causaliste de connaissance du monde.
Petite histoire
La systémique est née au cours des trente dernières années de la fécondation de plusieurs disciplines dont la biologie, lathéorie de l’information, la cybernétique et la théorie des systèmes. Ce n’est pas une idée neuve : ce qui est neuf c’est l’intégration des disciplines qui se réalise autour d’elle. C’est une approche transdisciplinaire qu’il ne faut pas considérer comme une science, une théorie ou une discipline mais comme une approche commune permettant de mieux comprendre et de mieux décrire la complexité organisée,une nouvelle méthodologie permettant de rassembler et d’organiser les connaissances en vue d’une plus grande efficacité de l’action. La systémique s’est répandue dans de nombreuses directions, notamment en sciences de l’organisation, en économie, sociologie, écologie, en psychiatrie et psychothérapie, en informatique et intelligence artificielle, en sciences de l’ingénierie,...
Qu'est-ce qu'unsystème ?
L’approche systémique s’appuie sur la notion de système, notion vague et ambiguë pourtant utilisée aujourd’hui dans un nombre croissant de disciplines en raison de son pouvoir d’unification et d’intégration. Une ville, une cellule, un organisme sont des systèmes. Mais aussi une voiture, un ordinateur, une machine à laver, ou ... une entreprise. La définition la plus courante estqu’un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d’un but. L’introduction de la finalité - le but du système - est fondamentale. En fait, aucune définition du mot système n’est satisfaisante et seule la notion de système est féconde, à condition d’en mesurer la portée et les limites. Alors que la thermodynamique classique ne considère que les systèmes...