La perte du genre

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  • Publié le : 23 décembre 2011
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Sur la perte du genre qui est une répartition des tâches domestiques au sein du foyer et hors de la sphère publique et une mise sous le joug des femmes depuis l’acte sexuel jusqu'au moment de l'accouchement (qui chez l'homme est toujours prématuré du fait de la taille de la tête). Ce qui se joue, sous la perte du genre, est du même ordre que le passage des sociétés matriarcales aux sociétéspatriarcales. Les sociétés matriarcales avaient leurs déesses de la fécondité puisqu'alors on avait fait le approchement entre l'acte sexuel et la grossesse : les enfants naissant de manière inexpliquée. Quant aux sociétés patriarcales, leur sommet reste le droit romain qui avait inventé la notion de ventre, c'est-à-dire le fils potentiel qui n'appartient pas à la femme mais à la cité : citons pourcela Tacite, lequel reprend Aulu-gelle : « A la nature de la mère les juristes opposent la nature de l'enfant à naître. Celui-ci est dans la mouvance du père, lequel relève de l'Etat : « Tout doit être mis ne oeuvre pour que le fœtus formé (partus) voie le jour. Le ventre doit être nourri. Si ce n'est pour son Père [dans le cas où celui-ci est mort], que ce soit au moins pour l'Etat, qu'il accroîtpar sa naissance ». Pour le Père, pour l'Etat [ou la dite Patrie]. Ou comme le dit aussi Ivan Illich « le ventre maternel est déclaré territoire public » (illGV_81).
Il y a aujourd'hui avec la dissociation de la procréation et de la sexualité — via la contraception — et plus encore avec la distinction entre grossesse ovarienne et grossesse utérine — via les mères porteuses — une remise en causedu patriarcat. On retrouve cela, par exemple dans l’œuvre de Nietzsche, à travers le sentiment de décadence des bien-nés et la perte de la virilité dont la peur des femmes est chez Nietzsche, depuis son enfance, un symptôme : celle-ci est parfois misogynie. Mais si l'énigme de la femme telle qu'elle se conçoit ou que sa mère la conçoit est la grossesse, alors non seulement il y a perte de lavirilité mais le système patriarcal saute et avec lui la patrie : « Aujourd'hui, contraints de dire adieu au patriarche, ils doivent réinventer le père et la virilité qui s'ensuit » (Elisabeth Badinter). Ceci se produit d'abord par le contrôle de la contraception et donc des naissance par les femmes elles-mêmes mais plus important : Le pouvoir des femmes sur la reproduction se trouverait dépossédé[Atlan, p. 151-152] par une nouvelle chimère qui consisterait à pallier les 24 premières semaines de la grossesse utérine par des machines : jusqu'à présent on ne sait remplacer le cordon ombilical et le placenta du ventre de la mère mais des recherches scientifiques tentent d'y trouver un substitue artificiel. Il n'y aurait plus alors, par-delà tout jugement moral, de grossesse comme conditioninéluctable de la femme, ce ne serait plus qu'un choix de vie volontaire ou insoumis. Cette chimère, notons-le, coïncide avec le tout économique, avec l'idée de la vie active comme un flux tendu, ce qu'elle n'est pas en réalité, mais ce nouveau genre de grossesse artificiel irait dans le sens de la promotion des femmes au sein de l'entreprise. Ce qui ressurgirait là, ce serait un certain nombre desuperstitions qui oublieraient que déjà des enfants vivent leur derniers mois de grossesse, c'est-à-dire après les 24 premières semaines, et ne semblent avoir qu'une affectivité différente. Remarquons que les fœtus en fin de grossesse n'ont pas de contact direct avec la mère sauf par les coup de pieds et leurs oreilles qui entendent les battements de cœur ou sa voix car ils baignent dans le liquideamniotique ; ces condition hormis la médiation du cordon ombilical et du placenta peuvent être récréer en couveuse, avec une manipulation tactile un peu différente. Nombre de femmes voient la réalisation de leur vie dans la maternité et les angoisses que cela suscite et les bébés sous couveuse ou sous utérus artificiel, seront réticentes à cette artificialisation de la grossesse. Pourtant et c’est...
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