La peur, maupassant

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  • Publié le : 15 mai 2011
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Sujet : Commentaire composé sur La Peur de Maupassant des pages 64 à 68

La Peur est l’une des nombreuses nouvelles de Guy de Maupassant que l’on retrouve dans le recueil Les Contes de la Bécasse publié en 1883 après une première parution dans le journal littéraire Le Gaulois de 1882. Ecrivain prolifique, Maupassant réussit stylistiquement le mélange d’un cadre réaliste à celui d’élémentsfantastiques. La Peur nous présente un enchevêtrement d’histoires : tout d’abord celle d’un premier narrateur qui présente le cadre initial («nous étions là six ou huit » sur le pont d’un bateau). A cette présentation intervient le commandant du navire qui raconte la frayeur à laquelle il a été exposé suite à une mésaventure en mer. C’est alors qu’apparait « un grand homme à figure brûlée » qui exposesa vision du mot « peur » et l’argumente en avançant ses propres aventures. Après avoir narré son expédition dans le désert du Sahara (assez troublante puisque son compagnon y trouva la mort), il revient sur une nuit d’hiver où il fut accueilli par un étrange garde forestier.
Dans quelles mesures Maupassant parvient-il à glisser progressivement vers un récit fantastique ?
Pour répondre à cettequestion, nous verrons que le cadre initial décrit par « l’homme bronzé » est propice à l’angoisse avant d’étudier la progression du fantastique au fil de l’extrait.

Nous allons tout d’abord voir que le cadre initial décrit par l’énonciateur nous met déjà dans un climat assez angoissant. Le contexte spatio-temporel, l’accueil étrange des hôtes ainsi que le contraste de comportements entrel’invité et les personnes qui l’entourent participent à l’apparition du fantastique.
Le cadre spatio-temporel décrit par le narrateur (non pas celui du début de la nouvelle mais celui qui interrompt le commandant pour raconter son histoire) peut, avant même l’apparition du fantastique, provoquer un sentiment d’angoisse. En effet, le récit qu’il nous raconte se déroule dans une forêt du nord est de laFrance, une nuit d’hiver lors d’une tempête de vent. Le passé simple « vint » utilisé pour mettre en évidence la tombée de la nuit montre qu’il s’agit d’un évènement rare, celle-ci est arrivée précipitamment « deux heures plus tôt ». Il ne s’agit pas de la nuit mais du temps comme le prouve l’exclamation du discours direct du guide : « Triste temps ! » ainsi que l’hyperbole « une immense rafale ».L’adverbe « tant » dans la phrase « tant le ciel était sombre » intensifie cette idée d’obscurité dans laquelle est plongée la forêt. De plus, les éléments de la forêt sont personnifiés : « je voyais courir des nuages », « des nuages […] qui semblaient fuir », « la forêt s’inclinait dans un gémissement de souffrance » et restent (tout comme le narrateur) impuissants face au temps comme l’illustreles verbes « s’inclinait » et « m’envahissait » ainsi que l’adverbe « malgré ».
En plus d’un temps exécrable, le narrateur doit passer la nuit « chez un garde forestier ». C’est dans une sorte de discours indirect libre que l’on apprend l’identité des hôtes : « le père avait tué un braconnier […] il semblait sombre, comme hanté d’un souvenir […] ses deux fils, mariés, vivaient avec lui».L’article indéfini « un » précédent « souvenir » alimente cette ambiance assez étrange. En effet, le souvenir ne semble pas être celui de la mort du braconnier mais peut être des évènements qui ont suivi cet acte. Le fait que toute la famille vive dans la même maison et coupée du monde (« les ténèbres étaient profondes […] enfin, j’aperçus une lumière ») cache également quelque chose. Vivre regroupén’est-ce pas un moyen de dissiper la peur ? C’est en effet ce que laisse supposer l’accueil réservé au narrateur et son guide. En frappant à la porte, « des cris aigus » et « une voix étranglée » surprirent les invités. En entrant, les hommes semblent choqués : c’est un « inoubliable tableau » qui s’offre à eux. Une courte description nous met tout de suite dans l’ambiance : le vieil homme à...
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