La philosophie et le mal

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  • Publié le : 15 mai 2011
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LA PHILOSOPHIE PEUT-ELLE EXPLIQUER LE MAL? Jeanne Parain-Vial Les philosophes sont très forts pour résoudre les faux problèmes: tels que la conciliation de la science et de la foi, de la grâce et de la liberté, etc. En revanche quand il s’agit du problème de l’existence du mal, ils sont étrangement impuissants, je vais vous le montrer. Cela ne veut pas dire qu’il soit inutile de réfléchir, aucontraire. Il est difficile de definir le mal et impossible de justifier son existence. Difficile de le définir, mais facile d’énumérer toutes ses formes, ce qu’ a fait un de mes amis: Monsieur Delclaux, à propos d’une piéce de Gabriel Marcel: “La Fin des temp. Toutes les formes du mal y apparaissent: “mal physique, mal social, mal moral; la souffrance, la misère, la faim, la maladie (Fabienneatteinte d’un cancer), la mort (non seulement celle de Julien, mais celle de son fils à l’´âge de quinze ans), l’échec de toutes les entreprises, même les plus généreuses, le triomphe de l’égoisme, du mensonge (Sandor), les affres de la solitude, la ruine des amitiés, des amours, des foyers, la trahison d’un ami, d’un idéal, les reniements, la révolte des enfants, la déception des parents qui, de leurcôté, les rejettent, les méprisent, le doute des consciences, la perte de la foi; et, pour toile de fond, la guerre, les destructions massives, les régimes oppresseurs, les goulags à l’est, la perversion des moeurs et des esprits à l’Ouest; l’univers concentrationnaire d’un côté, le matérialisme de la société de consommation de l’autre. “A partir le cette énumération, il semble qu’on puisse désignerle mal, sinon le définir, par la destruction (la mort) et la volonté de détruire. Mais comment peut-on rendre compte de la mort et surtout de la volonté de destruction? Tout serait tellement plus simple si tous les hommes s’aimaient et s’entraidaient. L’existence du mal est l’objection la plus forte que propose l’incroyant, objection qui trouble le chrétien lui-même: comment un Dieu non seulementbon, mais parfait, peut-il avoir créé un monde où régne le mal? L’incroyant voit dans le mal la preuve de la non-existence de Dieu. Voyons maintenant ce que répondent les philosophes. Une première réponse philosohique est de nier l’existence du mal, ce qui implique au reste la négation de l’existence du Bien. Il n’y a donc ni vérité ni, a fortiori, vérité morale ou esthétique. L’être se réduit àla réalité sensible temporelle vouée au néant et à la mort. Dans un

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tel monde, se soucier de son moi, chercher le succés et les plaisirs n’a rien de mauvais en soi. C’est “naturel.” La négation du mal caractérise plusieurs pensées dont trois que nous allons examiner rapidement: 1) le scepticisme, 2) l’existentialisme Sartrien et, 3) le marxisme. Toutes reprochent au Christianisme: a)l’impossibilité dont nous avons parlé de concilier l’existence de Dieu et le mal, b) l’affirmation arbitraire d’un monde invisible, c) l’incapacité du Christianisme à empécher les guerres, les crimes, bien plus sa responsabilité dans les horreurs de l’Inquisition. Notons tout de suite que la première et la troisième objection tombent, si le mal n’existe pas. Notons aussi qu’il paraît paradoxal desoutenir que tous les maux énoncés par Monsieur Delclaux n’existent pas et de croire qu’il suffit de suivre notre nature, de satisfaire nos besoins, de chercher le plaisir et de laisser les forts triompher des faibles. Voyons maintenant ces trois philosophies. 1) Le Calliclès du Gorgias (de Platon) est typique de l’attitude sceptique, mais il a eu le tort d’accepter le dialogue, car celui-ci impliqueque l’on croit en l’existence de la Vérité, puisqu’on la recherche ensemble. Socrate a beau jeu de lui faire remarquer qu’il se contredit en affirmant qu’ “il est vrai de dire que la Vérité n’existe pas”. Un Calliclès logique et moins civilisé aurait, au nom de la spontanéité, de la force et de la vie, refusé de dialoguer, chassé, voire tué Socrate. Que peut-on répondre à qui ne veut pas...
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