La place des publics dans les évènements culturels

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  • Publié le : 21 mai 2010
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CONTEXTUALISATION

«  L’art est de l’ordre de l’inutile, il remet en cause ou interpelle plus qu’il ne concilie ou ne réconcilie. Mais parce qu’elle facilite la reconnaissance de soi et des autres, la culture peut en effet être un ferment du lien social ».

Extrait d’ « Un pavé dans la culture », RENARD Jacques, l’Harmattan, 2002.

Public/Publics/Population

Selon Yves Citton, le publicest une « collection d’individus apparemment autonomes et indépendants, qui ne se connaissent et ne se voient pas (contrairement à une foule), mais qui tendent malgré cette séparation spatiale à penser et à agir de la même façon, parce qu’ils « se retrouvent » circulairement dans les médias qui informent leur sensibilité et leur idéologie, selon une logique qui relève des lois du marché davantageque d’un contrôle politique direct. » 1
Toutefois dans son livre « le(s) public(s) de la culture », Jean-Claude Passeron dit : « le public traditionnellement conçu au singulier comme un ensemble homogène et unitaire de (…) spectateurs d’une œuvre ou d’un spectacle n’est plus guère qu’un fantasme d’auteur ou d’éditeur2 », «  il n’est de public que celui d’une représentation donnée2».
Cependantaujourd’hui les sociologues et les acteurs culturels parlent plus de population que de public(s). Non seulement ces publics sont constitués d’individus qui ont des attentes diverses lors de la réception d’une œuvre mais on retrouve cette diversité chez un même spectateur.

1. L’accessibilité culturelle

Depuis environ une quarantaine d'années l’une des bases des politiques culturelles publiquesest la démocratisation culturelle, qui s’est donnée pour but de rendre accessible au plus grand nombre les œuvres de l’art et de l’esprit. 
Cet idéal était déjà présent dans le préambule de la constitution de 1946 qui garantissait l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à la culture, mais aussi dans le décret relatif aux attributions du ministre chargé de la culture, dès la création de ceministère, en 1959.
Toutefois il est intéressant de s’interroger sur le sens du mot « accessible ». S’il s’agit d’une accessibilité géographique, cette mission semble plutôt bien remplie aujourd’hui, mais si « rendre accessible » signifie réduire les barrières symboliques de l’accès aux œuvres, le bilan est plus réservé.
Les enquêtes du Département des Etudes et de la Prospective (DEP), supervisées parOlivier Donnat, depuis 1973, sur les pratiques culturelles des français mettent à jour un certain échec des politiques publiques en matière de démocratisation culturelle : « ceux qui vont au théâtre aujourd’hui sont les mêmes globalement que ceux d’il y a trente ans, c’est-à-dire ceux qui appartiennent à des catégories socio- professionnelles plutôt favorisées et qui ont généralement fait desétudes supérieures. Aller au spectacle demeure une pratique rare, chère et réservée. »3

L’objectif de démocratisation culturelle se formulait, dans les années soixante, indépendamment des modalités de l’organisation sociale et politique de la société dans laquelle ce processus devait se développer. Envisagée par le biais de la diffusion des œuvres artistiques, la démocratisation était conçue commeune extension des publics aux plans géographique et sociologique. Le 13 mars 1966, lors de l’inauguration de la Maison de la culture d’Amiens, Malraux concluait son discours par l’apostrophe : « Et, si vous le voulez, je vous dis que vous tentez une des plus belles choses qu’on ait tentées en France, parce qu’alors, avant dix ans, ce mot hideux de « Province » aura cessé d’exister en France ». Dixans plus tard, la « province » avait cessé d’être un « désert culturel », comme il en faisait le pari. En revanche, l’élargissement sociologique des publics de l’art est loin d’être réalisé.
Cet idéal de démocratisation culturelle a été repris par Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, en 1998, dans la charte des missions de services publiques pour le spectacle...
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