La place

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  • Publié le : 7 juin 2010
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Biographie : Annie Ernaux naît le 1er septembre 1940, à Lillebonne.
Elle grandit en Seine-Maritime où ses parents tenaient un café épicerie. Elle s'inscrit en faculté de philosophie puis part, en 1960, en Grande-Bretagne comme jeune fille au pair.
Elle y commence un récit "très marqué par le nouveau roman, poétique, déconstruit, illisible", l'envoie à deux éditeurs en 1963 qui le refusent. Cerécit n'a jamais été publié.
Entre 1965 et 1975, elle vit à Annecy avec son mari, obtient le Capes, l'agrégation, et publie Les armoires vides.
Devenue professeur de lettres, elle ne fait qu’accomplir l’ambition sociale de ses parents.

Bibliographie :Les armoires vides 1974Ce qu’ils disent ou rien, 1977Le femme gelée, 1981La place, 1984 (prix Renaudot)Une femme, 1989Passion simple,1992Journal du dehors, 1993La honte, 1997Je ne suis pas sorti de ma nuit, 1997La vie extérieure, 2000L’événement, 2000Se perdre 2001L’occupation, 2002

Résumé de l’ouvrage:
"Je voudrais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l'adolescence entre lui et moi. Une distance de classe, mais particulière, qui n'a pas de nom. Comme de l'amour séparé". Annie Ernaux décide derédiger "La place", juste après le décès de son père, comme pour combler un manque, un vide, celui de n'avoir pas été assez proche de lui qui faisait partie de la catégorie des gens modestes, alors qu'elle avait accédé à un monde plus fermé, plus feutré - celui de la bourgeoisie - par sa profession, par son mariage.
Elle rend hommage à son père en toute franchise.
Accepter ses origines et sesparents tels qu’ils sont permet de se construire.

La Place est celle que chacun occupe ou croit occuper dans la société. Celle que l'on désire atteindre au risque de se perdre et d'en oublier ses racines.

Issu d’une famille pauvre, le père d’Annie Ernaux était un enfant gai et blagueur, peut être pour oublier la dureté, la bêtise, la rudesse de son propre père - inculte et illettré - qui nesupportait que quelqu’un ne lise, symbole de la paresse.

Il sera placé dans une ferme comme ouvrier agricole, l'année de son certificat. "Mon père manquait la classe, à cause des pommes à ramasser, du foin, de la paille à botteler, de tout ce qui se sème et se récolte. Quand il revenait à l'école avec son frère aîné, le maître hurlait "vos parents veulent dont que vous soyez misérables comme eux!". Il a réussi à savoir lire et écrire sans faute. Il aimait apprendre".Après son régiment, son père refuse de travailler à la ferme. Comme c'est un garçon sérieux, travailleur, il parviendra au poste de contre-maître dans une usine de corderie.Une rencontre et le mariage mais toujours faire attention à l’argent, « au cas où ». Grâce aux économies faites bout à bout, il réussit à ouvrir uncafé-épicerie-bois-charbon - après la guerre - à Yvetot. Il y a comme une évidence de bonheur dans sa vie et celle des siens. Personne de manque de rien, surtout pas la gosse. "On avait tout "ce qu'il faut", c'est-à-dire qu'on mangeait à notre faim [...], on avait chaud dans la cuisine et le café, seules pièces où l'on vivait.
Ce n’est pas pour autant qu’ils ont changé leurs habitudes. Se sentant"inférieur" aux autres en raison de son éducation, le père possédait une raideur timide devant des personnes "importantes". Un peu frustre et refusant le confort, il ne se servira jamais de la salle de bains installée à l'étage, préférant se débarbouiller dans la cuisine.
Et toujours la peur au ventre de perdre le commerce et de se retrouver sur la paille.
Cette partie du texte est comme une lettred'amour filial, faite de respect et de compréhension pour ce père qui a tout fait pour que sa fille "fasse mieux que lui".
"Il me conduisait de la maison à l'école sur son vélo. Passeur entre deux rives, sous la pluie et le soleil. Peut-être sa plus grande fierté, ou même la justification de son existence : que j'appartienne au monde qui l'avait dédaigné".

Avec les années, le respect...
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