La poésie surréaliste de robert desnos

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  • Publié le : 6 août 2009
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Le début du XXe siècle sera marqué par l’apparition de deux principaux mouvements dit non-conformistes qui vont s’opposer de diverses façons aux conventions sociales. Dans un premier temps, Tristan Tzara, créera en 1916 ; le dadaïsme, doctrine nihiliste qui nie toutes règles établies, qui ne croit plus en l’art et privilégie la libre pensée artistique. Et dans un deuxième temps, le surréalisme,crée par André Breton, fera son apparition en 1924. Issu du mouvement « dada », le surréalisme se dégage du dadaïsme en ne retenant que ses aspects positifs. Il se caractérise par son opposition a toutes formes d’oppressions, au réalisme ainsi qu’à la littérature. Plusieurs grands peintres et poètes se joindront au mouvement par la suite ; dont Robert Desnos, pour qui Breton dira qu’il était leplus doué et celui qui a pris le plus au sérieux la démarche de libération, sans laquelle le surréalisme n’a pas de sens. Il va de soi que le surréalisme est en ce sens une révolution, particulièrement dans les poèmes de Desnos. Alors, il est permis de se poser la question : « En quoi la poésie surréaliste est-elle une révolte ? ». À cet égard, nous démontrerons que les poèmes de Robert Desnosconstituent une forme de révolte : d’une part dans sa forme poétique, d’autre part dans son contenu.

Tout d’abord, pour ce qui est de la forme, les poèmes de Desnos sont totalement antipoètique. Ils n’ont pour la plupart aucune cohérence et ils sont teintés d’un illogisme le plus total laissant le lecteur coi, en lui suggérant bien souvent d’en tirer ses propres conclusions. Prenons par exemple,les chiffres dans le poème : Art rythmé tic, ils forment
une contradiction par rapport à la poésie conventionnelle : « Troie, qu’âtre neuf dans les seins […] sise les seins, cet étui pour le 9 ». Ici, il y a une forme de néologisme de sens puisque l’auteur joue avec les chiffres en les substituant à des mots : Troie pour trois (3), qu’âtre pour quatre (4), seins pour cinq (5), sise pour six (6)et cet étui pour sept et huit (7 et 8).
Dans Isabelle et Marie, les dialogues (autre forme non-orthodoxe) révèlent un sens tout à fait inattendu, tel que décrit ici :
« - gorge!… oreille!
- oreille ? moi ? regarde-toi, narine!
- non mais, vieille gencive!- doigt!
- con! »
En intégrant une conversation dans son poème, Desnos tente d’aller une fois de plus au-delà des conventions, et qui plus est, en faisant référence à certaine partie du corps ( le con ), il fait découvrir au lecteur le sens véritable de ce mot ( le sexe de la femme ).

Pour l’auteur, les sons ont une importance primordiale. Ils surpassent lesmots dont l’unité est bien souvent vide de sens, comme dans le poème : Élégant cantique de Salomé Salomon :
« Mon mal meurt mais mes mains miment

Nœuds, nerfs non anneaux. Nul nord »

L’allitération comme figure de style est ici bien présente avec les lettres « M » et « N » au début de chaques mots. Ce procédé contribue à accentuer la valeur des sons au détriment des mots, tout encréant un rythme singulier et un effet d’harmonie répétitive.

Pour ce qui est du poème : Vent nocturne, il a ceci de particulier ; ce sont les nombreux pléonasmes dont il est affublé et qu’il lui impute une redondance ironique des termes : « Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus. Cieux célestes terre terrestre. Mais où est donc la terre céleste ? ». Desnos se sert d’un styleverbeux et ambigu puisqu’il n’y a aucun accroissement corrélatif dans ses termes. Il cherche a influencer le lecteur de façon indirecte en renforçant chaques mots par un pléonasme afin de lui donner plus de sens, excepter à la toute dernière phrase où l’auteur tente de tromper le lecteur par un effet de surprise en posant une question logique et cohérente.
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