La poesie

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FRANÇAIS 1èRE S 2
Cours de M. STEINBRECHER

La poésie et ses fonctions – corpus

A / Le poète comme guide spirituel

Pourquoi t’exiler, ô poète,

Dans la foule où nous te voyons ?


Que sont pour ton âme inquiète


Les partis, chaos sans rayons ?


Dans leur atmosphère souillée


Meurt ta poésie effeuillée ;

Leur souffle égare ton encens.


Ton cœur, dansleurs luttes serviles,

Est comme ces gazons des villes


Rongés par les pieds des passants.

Dans les brumeuses capitales


N’entends-tu pas avec effroi,

Comme deux puissances fatales,

Se heurter le peuple et le roi ?


De ces haines que tout réveille


À quoi bon emplir ton oreille,


Ô Poète, ô maître, ô semeur ?


Tout entier au Dieu que tu nommes,

Ne te mêle pas à ceshommes


Qui vivent dans une rumeur !

Va résonner, âme épurée,


Dans le pacifique concert !


Va t’épanouir, fleur sacrée,

Sous les larges cieux du désert !


Ô rêveur, cherche les retraites,

Les abris, les grottes discrètes,

Et l’oubli pour trouver l’amour,

Et le silence, afin d’entendre


La voix d’en haut, sévère et tendre,

Et l’ombre, afin de voir le jour !

Vadans les bois ! va sur les plages !


Compose tes chants inspirés


Avec la chanson des feuillages


Et l’hymne des flots azurés !


Dieu t’attend dans les solitudes ;

Dieu n’est pas dans les multitudes ;

L’homme est petit, ingrat et vain.


Dans les champs tout vibre et soupire.


La nature est la grande lyre,

Le poète est l’archet divin !

Victor HUGO, Fonction du poète(extrait) (1840)

Pistes de réflexion :

1) La comparaison entre le poète et les autres hommes, le mépris et l’incompréhension dont le poète fait l’objet

2) Les injonctions en anaphore (« va …va », « compose »)

3) Le lien entre le poète et Dieu, le poète comme un messager divin, comme un prophète

4) Les reprises nominales qui reprennent le nom poète (maître, semeur,rêveur)

5) Le ô vocatif, les exclamations

B. L’artiste solitaire, expression de l’éternité

Allons, ange déchu, ferme ton aile rose ; 

Ôte ta robe blanche et tes beaux rayons d'or ; 

Il faut, du haut des cieux où tendait ton essor, 

Filer comme une étoile, et tomber dans la prose.



Il faut que sur le sol ton pied d'oiseau se pose.
Marche au lieu de voler : il n'est pas temps encor ;

Renferme dans ton cœur l'harmonieux trésor ; 

Que ta harpe un moment se détende et repose.



Ô pauvre enfant du ciel, tu chanterais en vain 

Ils ne comprendraient pas ton langage divin ; 

À tes plus doux accords leur oreille est fermée !



Mais, avant de partir, mon bel ange à l'œil bleu, 

Va trouver de ma part ma pâle bien-aimée, 

Et pose sur son front un long baiser d'adieu !Théophile GAUTIER, Adieux à la poésie

Pistes de réflexion :

1) Les oppositions entre la poésie et les choses terrestres (marcher / voler, oiseau / sol, attention particulière à la fin de la première strophe : « tomber dans la prose »)
2) Le lien entre poésie et divinité
3) Le titre est particulièrement éloquent : pourquoi ces adieux, comment les interpréter, comme le Jelyrique se situe-t-il par rapport à cette mort ?

Tout passe. - L'art robuste 

Seul a l'éternité.

Le buste

Survit à la cité.



Et la médaille austère 

Que trouve un laboureur 

Sous terre

Révèle un empereur.



Les dieux eux-mêmes meurent, 

Mais les vers souverains 

Demeurent

Plus forts que les airains.



Sculpte, lime, cisèle ; 

Que ton rêve flottant 

Se scelle

Dansle bloc résistant !

Théophile GAUTIER, L’art

Pistes de réflexion :

1) La poésie comme accès à l’éternité face à la futilité des choses
2) La métaphore entre la poésie et la médaille enterrée : que révèle-t-elle sur le poète, sur la poésie ?
3) Les formules injonctives (il faut voir que GAUTIER s’adresse à l’artiste en général et pas seulement au poète)
4) Le lien...
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