La politique

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  • Publié le : 20 avril 2010
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Le mot politique vient du grec politikè (« science des affaires de la Cité »). Étymologiquement, la politique est donc synonyme d'organisation de la Cité. La Cité visée est celle de l'Antiquité grecque, aujourd'hui appelée Cité-État du fait de la similitude de son organisation avec celle de nos États modernes (pouvoir centralisé, institutions, diplomatie...). Notion polysémique, la politiquerecouvre au moins trois sens :

La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée.

Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politiqueporte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société (économie,droit, sociologie, et cetera)

Enfin, dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir.

La question del'État de nature et du contrat social s'inscrit dans un contexte particulier de la pensée occidentale. À partir du XVIIe siècle, s'amorce en effet une contestation des thèses politiques aristotélicienne, à partir d'un contre-argumentaire humaniste. Pour Aristote en effet: « L'État est un fait de nature », et « Naturellement, l'homme est un être sociable », par le simple fait qu'il maîtrise lelangage rationnel, et est ainsi apte, plus qu'aucun autre animal à se regrouper en société : « l'homme est infiniment plus sociable que tous les autres animaux qui vivent en groupe ». Il s'ensuit que « La Nature pousse donc instinctivement tous les hommes à l'association politique » et que « ἄνθρωπος φύσει πολιτικὸν ζῷον » — « l'homme est un animal politique »[1].

À contrario, « pour l'âgemoderne, l'humanité de l'homme ne dépend pas essentiellement de son rapport à autrui dans la construction d'un ordre juste »[2]. Dans l'esprit de l'humanisme, la relation entre l'homme et la morale ou la nature n'est en effet pas d'ordre collectif, mais individuel. Dans la mesure ou l'homme précède l'État, celui-ci ne saurait être un fait de nature, et n'a pu être instauré qu'à un moment précis del'histoire humaine, pour répondre à des besoins non moins précis.

Il est à noter qu'une telle position conventionnaliste existait déjà au temps d'Aristote. Outre un certain nombre de sophistes cités par ce dernier et dont l'œuvre ne nous a pas été transmise, tels que Lycophon, Épicure partageait ces conceptions. Pour ce dernier, l'État fut instauré par convention (Sunkhétai), afin de permettre auxphilosophes de s'adonner à la science, sans redouter l'insécurité des rapports humains : « Épicure voit le fondement de la cité, et plus généralement des liens de droit, dans des contrats ou des conventions liant des sujets autonomes (...) les hommes s'associent parce qu'ils ont éprouvé la douleur de subir des dommages (...) l'homme n'est pas un animal naturellement politique »[3]. Le hasard de latransmission des textes a contribué à occulter cette position conventionnaliste, alors relativement fréquente.

Réhabilité par Hugo Grotius, qui établit l'existence, dans son Traité du droit de la guerre et de la paix, d'un droit naturel préexistant aux divers droits politiques, l'État de nature est exposé clairement par Samuel Pufendorf dans le premier livre du Droit de la nature et des gens....
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