LA POSTERITE DES DIALOGUES DE GREGOIRE LE GRAND

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  • Publié le : 24 avril 2014
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Méthodologie de l'histoire, période médiévale (LHIS B213)
LA POSTERITE DES DIALOGUES DE GREGOIRE LE
GRAND




















Omnia disce, videbis postea nihil esse superfluum. Coartata scientia jucunda non est
Hugues de Saint-Victor,Didascalicon, VI, 3.






Felix qui potuit rerum cognoscere causas
Géorgiques, II, 490.




Timeo hominem unus libri
Citation attribuée à saint Thomas d’’Aquin







1. Introduction générale :
Si les écrits des Pères de l’Église nous sont aujourd’hui bien connus et ont fait l’objet de bon nombre d’études, il n’enn’est pas de même pour l’utilisation postérieure qui a pu être faite de leur œuvre. L’étude de la postérité d’un texte est une tâche complexe, délicate, celle-ci se basant généralement sur des hypothèses, des informations indirectes ou imprécises. Surtout lorsque celui-ci est composée d’exempla, notion qui sera développée par la suite dans cette étude. En effet, la notion d’exemplum n’est pasclairement posée et définie au sein de la communauté des historiens, ce qui nous amène à une diversité d’opinions et de divergences concernant celui-ci. Nous tenterons dès lors de commencer ce travail par une définition de l’exemplum telle que nous l’entendons pour cette étude, nous ne prétendons évidemment pas clôturer le débat par notre analyse. Cette brève présentation ne servira qu’à débroussaillerle terrain pour arriver au réel sujet de cette étude ; à savoir la postérité du récit XL (10) des Dialogues du pape Grégoire Iᵉʳ, dit le Grand, composés à la fin du VIᵉ siècle. Nous verrons que ce texte fondamental dans la doctrine chrétienne a connu un succès important au cours de la période médiévale. Celui-ci se présentant comme une sorte de « livre de l’âme », nous ferons suivre notreintroduction sur l’exemplum par une présentation de la vision de l’âme au Moyen-Âge, en nous concentrant sur le purgatoire, qui est, lui aussi, sujet à de nombreuses discussions et controverses, notamment celles d’un grand médiéviste spécialisé sur la question, Jacques Le Goff, mais dont les théories restent contestées. Nous entamerons alors notre analyse à proprement parler, en débutant par uneintroduction de Grégoire et de son œuvre, pour continuer avec l’élément central de cette étude, c’est-à-dire l’analyse de la postérité d’un récit des Dialogues, et ce à travers six recueils d’exempla : les Parabolae (1219/1221) d’Eudes de Chériton, le Tractatus de diversis materiis predicabilibus (1254/1256-1261) d’Étienne de Bourbon, le Speculum historiale (1240-1260) de Vincent de Beauvais, le Dono detimoris (1263-1277) d’Humbert de Romans, l’Alphabetum narrationum (1308) d’Arnold de Liège et enfin la Scala coeli (1323-1330) de Jean Gobi le Jeune. Nous diviserons cette analyse en trois parties ; tout d’abord une comparaison structurelle des différents récits, ensuite une analyse du contenu, et enfin une contextualisation de chaque récit où seront présentés de manière systématique l’auteur et lerecueil qu’il a produit, et ce afin de mieux comprendre le contexte et les modes d’utilisations de leur ouvrage respectif.


2. Corpus operis :
2.1. Introduction à l’exemplum au Moyen-Âge
Avant de rentrer au cœur de notre analyse et afin de mieux saisir le propos de notre sujet, il convient tout d’abord de présenter dans les grandes lignes ce qu’est l’exemplum, sa définition, son évolutionau cours du moyen-âge ainsi que son contexte d’utilisation.
Les études portant sur l’exemplum datent surtout des années 1970-19801, même si l’intérêt pour ce type de sources est antérieur et remonte au début du XIXᵉ siècle. On regroupe actuellement l’exemplum au sein des textes liés à la prédication, notamment des XIIᵉ-XIIIᵉ siècles, et son étude vise entre autres à mieux comprendre la...
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