La préface du dernier jour d'un condamné (1832)

Publié en 1829, Le Dernier jour d'un condamné de Victor Hugo (1801-1885) est un virulent réquisitoire* contre la peine de mort. Durant les derniers instants de sa vie, un homme consigne dans son journal ses pensées, ses impressions, son désespoir face à l'horreur de la guillotine. Les critiques trouvent l'oeuvre peu convaincante lors de sa parution. Trois ans plus tard, Victor Hugo rédige unepréface pour une nouvelle édition dans laquelle il démontre que la peine capitale doit être abolie. On peut se demander ce qui fait l'efficacité de l'argumentation de Hugo. Ainsi, nous verrons dans un premier temps que sa réfutation est rigoureuse, puis dans un second temps que le discours de l'auteur est polémique.

I – Une réfutation rigoureuse.
II – Un discours polémique.

Introduction 2Poète, dramaturge et prosateur romantique du XIX° siècle, Victor Hugo est considéré comme l'un des plus importants écrivains français de son époque. Il fut également représenté comme un écrivain engagé, symbole emblématique de III° République et de résistance du 2nd Empire. Il a écrit entre autres Les Misérables, Notre-Dame de Paris, et nous fit part, en 1929, de son roman Le Dernier jour d'uncondamné. Cet œuvre, écrite très rapidement, relate les dernières heures d'un condamné à mort, racontées dans son journal. Trois ans après sa publication, Victor Hugo rédige une préface dans laquelle il démontre son opinion contre la peine de mort. L'extrait étudié est tiré de cette préface, dans laquelle Hugo donne son avis sur la peine capitale. On peut alors se demander ce qui fait l'efficacité del'argumentation de Victor Hugo. Ainsi, nous verrons dans un premier temps que sa réfutation est rigoureuse, puis dans un second temps que le discours de l'auteur est polémique.

I – Une réfutation rigoureuse.

A ) La démarche de Hugo.

3 parties composent le texte :
• « ceux qui jugent (…) où le geôlier suffit » l. 1 à 9.
• « mais reprend-on (…) nous y adhérons » l.10 à 17.
• « restela troisième et dernière raison (…) le mardi gras vous rit au nez » l. 18 à la fin.

Arguments pour la peine de mort énoncés pour être aussitôt attaqués par l'auteur. Victor Hugo utilise la réfutation. De façon méthodique, puisqu'il reprend point par point les arguments de la thèse adverse.
– Partie 1 : l' argument adverse est « il faut retrancher de la communauté un membre qui lui a nui »
→Victor Hugo propose comme solution la prison perpétuelle.
– Partie 2 : l'argument adverse est « l'idée de vengeance, le châtiment, la mise en œuvre de la loi du talion »
→ Hugo affirme que ce n'est pas le rôle de la société de punir et propose une autre conception de la peine l.16 « corriger pour améliorer ».
– Partie 3 : l'argument adverse est « il faut impressionner la population » c'est la «théorie de l'exemple » l.18
→ Victor Hugo répond que le spectacle du châtiment n’impressionne pas mais démoralise voire qu'il appelle même à la violence.

B ) Les arguments.

3 arguments sont ainsi proposés par Hugo mais sont peu développés.
– Tout d'abord la réclusion à perpétuité (voir le passage dans Les Misérables, Jean Valjean, condamné s'échappe du bagne).
– Victor Hugo trouveinadéquate la peine de mort « se venger est de l'individu, punir est de Dieu » l.10
– Il nie l'exemplarité, l'argument est encore peu développé. Victor Hugo n'étaye pas ses arguments comme si le simple fait de les énoncer suffisait à convaincre le lecteur.

II – Un discours polémique.

A ) Une mise en forme dialoguée.

Premièrement, Victor Hugo rend son argumentation vivante en luidonnant l'apparence d'un dialogue : il interpelle les destinataires l.5 « vous objectez ». Puis l'auteur prend ses distances en utilisant le « on », pronom indéfini, « mais reprend-on », peu importe qui répond, selon Hugo, il a tord.
Les destinataires sont les lecteurs de la préface qui seraient séduits par la peine capitale. Victor Hugo leur répond en utilisant le « nous » de modestie l.24 «...
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