La pratique de la plage et des bains de mer

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  • Publié le : 30 décembre 2010
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Vous ferez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents suivants qui portent sur la pratique de la plage et des bains de mer.

Dans une conclusion personnelle, vous donnerez votre point de vue sur la question abordée.



Document 1

MAUPASSANT, Pierre et Jean, 1888



Document 2

Sylvie BÉAI, « Cent ans de Côte d'Azur. La mode: un siècle pour enlever le haut... etpresque le bas », Nice-Matin, 22 août 1988.



Document 3

Béatrice MATHIEU et Danièle OLIVEAU, « La thalasso nage dans l'euphorie », L'Expansion, n° 688, juillet-août 2004.



Document 4

Alain CORBIN, L'Avènement des loisirs, 1850-1960, « Les vacances et la nature revisitée » (1830-1939), chapitre 3 rédigé par André RAUCH, Aubier, 1995.



Document 5

SERRE, Les Vacances,Éditions Glénat, 1987.



DOCUMENT 1



En moins d'une heure on parvint au port de Trouville, et comme c'était le moment du bain, Pierre se rendit sur la plage.

De loin, elle avait l'air d'un long jardin plein de fleurs éclatantes. Sur la grande dune de sable jaune, depuis la jetée jusqu'aux Roches Noires, les ombrelles de toutes les couleurs, les chapeaux de toutes les formes, lestoilettes de toutes les nuances, par groupes devant les cabines, par lignes le long du flot ou dispersées çà et là, ressemblaient vraiment à des bouquets énormes dans une prairie démesurée. Et le bruit confus, proche et lointain des voix égrenées dans l'air léger, les appels, les cris d'enfants qu'on baigne, les rites clairs des femmes faisaient une rumeur continue et douce, mêlée à la brise insensible etqu'on aspirait avec elle.

Pierre marchait au milieu de ces gens, plus perdu, plus séparé d'eux, plus isolé, plus noyé dans sa pensée torturante, que si on l'avait jeté à la mer du pont d'un navire, à cent lieues au large. II les frôlait, entendait, sans écouter, quelques phrases ; et il voyait, sans regarder, les hommes parler aux femmes et les femmes sourire aux hommes.

Mais tout à coup,comme il s'éveillait, il les aperçut distinctement ; et une haine surgit en lui contre eux, car ils semblaient heureux et contents.

II allait maintenant frôlant les groupes, tournant autour, saisi par des pensées nouvelles. Toutes ces toilettes multicolores qui couvraient le sable comme un bouquet, ces étoffes jolies, ces ombrelles voyantes, la grâce factice des tailles emprisonnées, toutes cesinventions ingénieuses de la mode depuis la chaussure mignonne jusqu'au chapeau extravagant, la séduction du geste, de la voix et du sourire, la coquetterie enfin étalée sur cette plage lui apparaissaient soudain comme une immense floraison de la perversité féminine. Toutes ces femmes parées voulaient plaire, séduire, et tenter quelqu'un. Elles s'étaient faites belles pour les hommes, pour tousles hommes, excepté pour l'époux qu'elles n'avaient plus besoin de conquérir. Elles s'étaient faites belles pour l'amant d'aujourd'hui et l'amant de demain, pour l'inconnu rencontré, remarqué, attendu peut-être.

Et ces hommes, assis prés d'elles, les yeux dans les yeux, parlant la bouche près de la bouche, les appelaient et les désiraient, les chassaient comme un gibier souple et fuyant, bienqu'il semblât si proche et si facile. Cette vaste plage n'était donc qu'une halle d'amour où les unes se vendaient, les autres se donnaient, celles-ci marchandaient leurs caresses et celles-là se promettaient seulement. Toutes ces femmes ne pensaient qu'à la même chose, offrir et faire désirer leur chair déjà donnée, déjà vendue, déjà promise à d'autres hommes. Et il songea que sur la terre entièrec'était toujours la même chose.

MAUPASSANT, Pierre et Jean, 1888.





DOCUMENT 2

CENT ANS DE CÔTE D'AZUR.

LA MODE: UN SIÈCLE POUR ENLEVER LE HAUT... ET PRESQUE LE BAS



Que s'est-il passé entre le temps où l'on se moquait des indigènes « noiraudes » sans chapeau ni ombrelle, et celui où le corps a découvert le soleil jusqu'à plus soif, depuis l'époque où l'on payait à...
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