La production personnelle

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Anne-Fleur BACHY
AFIG Groupe 4
1er Février 2010


LA PRODUCTION DES PERSONNES


Les échanges, en deux mots, sont bien loin de se réduire à un simple transfert de propriété. Ce sont des relationssociales complexes, dont les caractères varient selon que les parties en cause sont des individus ou des groupes, et, dans ce dernier cas, selon la façon dont ces groupes sont modelés par le processus de l'échange; dont le degré, la nature et la structure des informations touchant aux objets échangés; selon le degré de communication, de coopération et de collusion entre les parties; selon la mesuredans laquelle on fait respecter de l'extérieur les termes de l'échange par opposition à la mesure dans laquelle ils sont fixés par les relations sociales des deux parties contractantes, selon la mesure dans laquelle les deux parties sont plus ou moins dépendantes du comportement; et finalement, selon le ressources détenues par les deux parties et qui peuvent être utilisées pour s'assurer quel'échange se produit à des conditions favorables.

Dans la théorie économique libérale, en revanche, les échanges sociaux se réduisent à des transactions contractuelles abstraites: le transfert de titres de propriété défini haves soin entre deux parties, en des termes (le prix) que les participants considèrent déterminés de manière exogène. Les considérations précédentesmontrent bien que cette définition est un cas particulier qui, même si elle peut s'appliquer à nombre d'échanges, ne représente pas les plus critiques d'entre eux. On ne sera pas surpris que les manuels traditionnels d'économie aient tendance à prendre pour exemple le client d'un supermarché qui hésite entre des poires et des pommes. Les échanges les plus complexes, échanges qui sont aussi selon touevraisemblance les plus essentiels à la vie économique moderne, comme ceux qui déterminent les termes d'un accord entre un patron et un employé, entre un prêteur et un emprunteur, ou entre des vendeurs et des acheteurs de nations différentes - ces échanges font exploser les frontières paradigmatiques des sciences politiques libérales et de l'économie, aussi bien que la césure apprentissage/choix.Une conception constitutive de l'échange se doit donc de rejeter la vieille théorie productiviste, d'après laquelle la vie économique concernait la production de choses –comment celles)ci sont fabriquées, par qui, pour qui, et qui en tire bénéfice. Une théorie constitutive de l'économie, au contraire, doit non seulement traiter de la question de qui obtient quoi etpourquoi, elle doit également se demander qui obtient de devenir quoi et pourquoi. Une théorie qui s'attache uniquement à la production court le risque de ne voir dans l'activité économique qu'un simple processus d'acquisition, alors quelle est aussi un processus de devenir. La position ontologique d'une théorie économique démocratique doit s'appuyer sur l'apprentissage aussi bien que sur le travail,la production des choses.

Une fois rejetée l'idée d'une nature préétablie des préférences, il est manifestement incohérent de considérer comme démocratique une société où les droits à la détermination populaire et au chois individuel ne s'étendent pas. aux relations sociales à travers lesquelles se constituent les préférences elles-mêmes. La doctrine libérale reconnaîtbien entendu ce principe, mais seulement sous la forme dichotomique apprentissage/choix. On tient par exemple pour responsable du caractère démocratique du gouvernement, tandis que des institutions "privées" de formations préférences, comme les Eglises, les différents médias de communication et les instituts éducatifs privés sont considérés comme responsables par le biais de la liberté de marché...
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