La psychanalise au xixeme siecle

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Après avoir passé cinq années dans le service de Meynert, Freud entre en septembre 1883 dans la quatrième division du docteur Scholtz. Il y acquiert une expérience clinique auprès de malades nerveux. En décembre de la même année, suite à la lecture d'un article du docteur Aschenbrandt, il se livre à des expériences sur la cocaïne et en déduit qu'elle a une efficacité sur la fatigue et lessymptômes de la neurasthénie. Dans son article de juillet 1884, « Über Coca »Freud 2, il conseille son usage pour de multiples troublesD 17. Bien qu'il l'ait nié publiquement à de nombreuses reprises, il en fut lui-même un grand consommateur entre 1884 et 1887, comme en atteste sa correspondance. Il travaille sur sa découverte avec Carl Köller, qui mène alors des recherches sur un moyen d'anesthésierl'œil en vue de pratiquer des opérations peu invasives. Celui-ci informe ensuite Leopold Königstein qui applique cette méthode à la chirurgie. Tous deux communiquent leur découverte lors de la Société des médecins de Vienne en 1884, sans mentionner la primauté des travaux de FreudD 18,C 3.

Le jeune médecin est ensuite affecté au service d'ophtalmologie de mars à mai 1884, puis dans celuide dermatologie. Il y rédige un article sur le nerf auditifFreud 3 qui reçoit un accueil favorable ; en juin, il passe l'examen oral pour le poste de Privatdozent, et y présente son dernier article. Il est nommé le 18 juillet 1885 et, voyant sa demande de bourse de voyage acceptée, décide d'aller étudier à Paris, auprès de Jean-Martin Charcot. Après six semaines de vacances auprès de sa fiancée, Freuds'installe donc dans cette ville. Admirateur du neurologue français, qu'il rencontre la première fois le 20 octobre 1885, il se propose de traduire ses écrits en langue allemande. Dès lors, le Français le remarque et l'invite à ses somptueuses soirées du faubourg Saint-GermainB 10. Cependant, il semble que Freud n'ait pas passé autant de temps qu'il le dit auprès de Charcot, puisqu'il quitte Paris le 28février 1886C 4 ; il en retire néanmoins toujours de la fierté et fait de ce séjour à Paris un moment clé de son existenceD 19. Il reste en outre en contact épistolaire avec le Français.

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La demeure de Freud, à Vienne.

En mars 1886 Freud étudie la pédiatrie à Berlin, avec Baginsky, et revient finalement à Vienne en avril. Il rédige son rapport sur l'hypnotisme tel qu'il estpratiqué à la Salpêtrière devant les membres du Club de physiologie et devant ceux de la Société de psychiatrie, tout en organisant les préparatifs de son mariage. Un article d'Albrecht Erlenmeyer le critique vivement quant aux dangers de l'usage de la cocaïne. Freud, pour se constituer un peu plus de pécule, finit de traduire un volume des leçons de Charcot, qui paraît en juillet 1896, avec unepréface de sa main. Après quelques mois de service militaire à Olmütz comme médecin de bataillon, Freud épouse Martha Bernays le 13 octobre 1886, à Wandsbek ; ils passent leur voyage de noce sur la mer Baltique. Dès son retour à Vienne, Freud aménage son cabinet dans le kaiserliches Stiftunghaus et travaille parallèlement avec l'Institut Kassowitz, un hôpital pédiatrique privé où il est affecté auservice neurologique.

Le 15 octobre 1886, devant la Société des médecins de VienneD 20, Freud fait une allocution concernant l'hystérie masculine, discours demeuré célèbre dans la littérature psychanalytique sous le titre de Beiträge zur kasuistik der Hysterie I. Ce sujet était alors polémique, d'autant plus que la conception classique de Charcot opposait l'hystérie post-traumatique à une hystériedite simulée. S'appuyant sur la distinction entre « grande hystérie » (caractérisée par des convulsions et une hémianesthésie) et la « petite hystérie », et sur un cas pratique examiné à la Salpêtrière, Freud explique que l'hystérie masculine est plus fréquente que ce que les spécialistes observent habituellementD 21. Pour Freud, la névrose traumatique appartient au champ de l'hystérie...
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