La question kurde

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1044 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 7 mars 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
La question kurde et l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne
Le Conseil européen de Bruxelles du 17 décembre 2004 a ouvert une nouvelle ère pour la démocratisation et l'établissement des droits élémentaires de plus de 15 millions de Kurdes vivant en Turquie. Symbole de démocratie, l'enjeu européen cristallise tous les espoirs des Kurdes. Peuple sans État, les Kurdes ont été les oubliés dutraité de Lausanne de 1923 qui a organisé le règlement de la Première Guerre mondiale. Dans la nouvelle République turque proclamée par Mustafa Kemal, l'usage de la langue et la pratique de la culture kurde ont été réprimés avec force. Dénonçant cette oppression, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) s'est engagé en 1984 dans une guerre de « libération nationale ». Qualifié de « terroriste» par les autorités, il est néanmoins parvenu à placer l'identité kurde au centre du débat public. De nos jours, la Turquie est contrainte d'admettre que l'adhésion à l'Union européenne ne peut se faire sur le déni d'un peuple. Elle se voit notamment sommée d'appliquer une politique de reconnaissance des droits des Kurdes. L'ouverture démocratique et les Kurdes L'essor de la guerre civile dans lesprovinces kurdes de Turquie a placé la population kurde sous la chape d'un dispositif répressif encadré à partir de 1991 par une « loi antiterroriste ». Le 15 février 1999, le leader du PKK, Abdullah Ôcalan, est arrêté. La cour de sûreté de l'État d'Ankara le condamne le 29 juin à la peine de mort en vertu de l'article 125 du Code pénal pour trahison et séparatisme. Quelques jours plus tard, illance un appel pour mettre fin à la lutte armée, qui sera immédiatement suivi par ses troupes. La politique d'ouverture de la Turquie vers l'Europe peut alors profiter de cet apaisement. Le gouvernement de Bûlent Ecevit - une coalition avec le Parti du mouvement nationaliste (MHP) - entame des réformes. Le Parlement abolit en août 2002 la peine de mort hormis les situations de guerre ou de menacesde guerre. A. Ôcalan voit sa condamnation à mort commuée par la cour de sûreté de l'État d'Ankara en une peine de détention à perpétuité le 3 octobre 2002. Le gouvernement conduit par les « islamistes modérés » du Parti de la justice et du développement (AKP) poursuivra ces réformes qui remettent progressivement en cause le dispositif répressif issu des années de guerre. Une partie desmodifications législatives concerne les Kurdes. Les procédures pénales et la loi relative à la constitution des cours de sûreté de l'État sont amendées afin de réduire les périodes de détention. Des modifications sont également apportées à la loi sur la constitution des cours de sûreté de l'État et les procédures pénales. Le pouvoir judiciaire est sommé de reconsidérer tout verdict d'un procès qui aurait étéapprécié par la Cour européenne des droits de l'homme comme non équitable. La possibilité d'être jugé une nouvelle fois est également reconnue. La poursuite des fonctionnaires ou des agents de l'État accusés de torture ou de mauvais traitements n'est plus soumise à une procédure d'autorisation. Par ailleurs, la suppression de l'interdiction de l'usage de langues proscrites par la loi conduitimplicitement à reconnaître la pratique de la langue kurde. L'interdiction de donner à des enfants des prénoms kurdes jugés opposés à la « culture nationale » ou aux « us et coutumes » est levée. La fragilité des réformes La recherche d'une solution à la question kurde reste néanmoins fragile. Si les ex-députés kurdes, Leyla Zana et ses camarades, condamnés à quinze ans de prison en 1994, sont libérésle 9 juin 2004, cela ne signifie pas la fin d'un nationalisme turc toujours prégnant. Les slogans, les affiches dont les contenus seraient en Europe considérés comme ultranationalistes ont toujours leur place. Un Kurde ne peut pas revendiquer ouvertement la défense de son identité. Un appel d'environ 200 intellectuels kurdes publié en décembre 2004 dans la presse européenne a par exemple donné...
tracking img