La question sdf de julien damon

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Fiche de lecture

La question SDF
Critique d’une action publique
Julien DAMON
Le lien social
PUF, 2002

L’auteur :

Après des études de gestion en sciences sociales, Julien Damon s’est spécialisé dans les questions de pauvreté et de politiques publiques.
Il a travaillé à la mission nationale pour le logement des plus démunis, auprès du cabinet du ministre du Logement. Il a ensuitepublié un essai : Des hommes en trop[1] en 1995 et deux dossiers : l’un sur les SDF et l’autre sur la politique de la ville, ainsi qu’une quinzaine d’articles sur les évolutions urbaines et sociales contemporaines. Julien Damon est aujourd’hui responsable du département Questions sociales au Centre d'analyse stratégique et professeur associé à Sciences-Po (cycle d'aménagement et d'urbanisme). Il futégalement responsable du département recherche et prospective de la Caisse nationale des Allocations familiales et, il est aussi l'auteur de « Vagabondage et mendicité »ouvrage de référence qui traite de la façon dont les vagabonds et mendiants sont regardés par la société au cours des siècles et des mesures prises pour faire face à cette situation.

Introduction :

Dans cet ouvrage, l’auteurdresse un état des lieux de la question SDF et opte pour une démarche fondée sur une théorie sociologique de l’action ( boudon et Bourricaud) considérant qu’elle n’est pas la seule entrée mais qu’elle offre « une clé de lecture particulière » (p. 8). Le livre est découpé en six chapitres mais l’auteur opère un balayage de la question SDF par un découpage qui s’appuie sur trois grandes orientationsthéoriques :

1-Les SDF appréhendés comme cible de l’action publique.
2-Les SDF comme acteurs sociaux.
3-Le concret de l’action publique en direction des SDF.

L’auteur aborde la question de manière transversale, autour de la cristallisation de la problématique SDF, des politiques publiques mises en œuvre pour y répondre et enfin interroge les stratégies d’action des usagers de cesinterventions.

Le premier chapitre, reprend d’un point de vue de l’histoire, le passage d’une gestion répressive à un traitement assistanciel de la question du sans-abrisme.
La qualification des phénomènes observés tend à basculer depuis l’après-guerre, de fléau à problème social, avec comme point d’orgue, la décennie 1990. C’est en effet à cette période que la figure du SDF se retrouve au cœur dela cible des politiques menées dans le cadre e la lutte contre les exclusions.
Le deuxième chapitre se veut interrogatif à deux niveaux :en terme d’accroissement du nombre de SDF, Julien Damon soutient que la tendance de la bienveillance l’emporte sur le dénigrement. L’auteur parle de « bricolage cognitif » pour décrire «  le mode d’élaboration des réponses aux sollicitations. Celles-ci sontbricolées à partir de considérations affectives…. » Page 84. Cette approche rend justice des comportements changeants sinon ambivalents.

Le troisième chapitre se saisit du processus de la mise sur agenda ( politique, médiatique, institutionnel) de la question SDF : «  sur la période, les problèmes généralement associés à la condition des sans-abri ont manifestement (au sens de visiblement)augmenté.Des entrepreneurs politiques ont relayé cette visibilité.[…] les pouvoirs publics ont réagi. Les médias ont fait leur métier et la visibilité politique du problème a augmenté. » Page 126.

Le quatrième chapitre développe les capacités d’action et de réaction des SDF face à l’action publique. L’auteur défend la thèse de « la rationalisation de l’acteur SDF, « ce postulat de rationalité de l’acteursocial SDF,qui, comme tout acteur social, n’a pas systématiquement la pleine maîtrise de ses choix, est un outil méthodologique pour comprendre des actions et des non-actions, […] page 130.Ce postulat, battant ainsi en brèche les lectures misérabilistes en vogue. Face à l’offre institutionnelle de service, les SDF ne sont donc ni « dominés anomiques » ni « des stratèges utilitaristes » page...
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