La réécriture : les sirènes (question préliminaire, commentaire, dissertation, écriture)

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  • Publié le : 10 décembre 2009
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Objet d'étude : les réécritures: 
Texte A – Homère, L’Odyssée, chant XII , extrait
Texte B – Aloysius Bertrand, « Ondine », in Gaspard de la Nuit, 1842
Texte C – Jean Giraudoux, Ondine, acte 1, scène 8, extrait, 1937
Texte D – Robert Desnos, « Ma sirène », Les Nuits Blanches, 1932
Annexe : Document iconographique : Marc Chagall, Sirène au poète, 1967

CORRECTION DUDEVOIR

( Corrigé fait à partir des propositions de Sylvie et Jacques Dauvin dans la collection Hatier. Cependant les axes et les pistes que je propose pour le commentaire diffèrent sensiblement car ma lecture s’oriente, notamment en 2ème et 3ème partie vers une interprétation plus mélancolique et sombre du poème qui n’apparaît pas dans le corrigé Hatier et qui me semble très présente dans letexte)

LES QUESTIONS :

• Le libellé impose une réponse synthétique : il ne faut donc pas traiter les documents tour à tour, mais procéder par thèmes communs ou par axe.
• Réponses :
o Des différences de genre littéraire : sirène = personnage de poème pour le doc B et D, mais personnage de théâtre chez Giraudoux et personnage de récit épique chez Homère, le fondateur dumythe.
o Un personnage toujours central : dans tous les documents, la sirène est au centre, personnage principal. Mais Giraudoux, en proposant plusieurs sirènes, reste plus proche d’Homère. Dans les deux poèmes de Bertrand et de Desnos, la sirène est unique, individualisée (« ma sirène » de Desnos)
o Le thème du chant est commun aux trois documents (attribut majeur des sirènes).Mais
▪ Le poème de Bertrand et la scène de Giraudoux font entendre le chant comme l’expression de l’envoûtement selon l’annonce de Circé à Ulysse. En revanche, Desnos garde pour lui le chant de sa sirène ; il est déjà envoûté, elle ne chante que pour lui et un ami peu fiable semble-t-il.
▪ Dans les deux poèmes, le chant de la sirène a contaminé le poète qui désormaiss’exprime comme elle par la poésie. Le poème montre l’effet de l’envoûtement, ce qu’Homère n’aborde pas, ni Giraudoux.
o La relation de la sirène à sa « victime » est aussi différente dans les documents qui suivent Homère. Alors que la sirène est destructrice pour Ulysse, elle est plutôt bienveillante pour Hans car on sent qu’Ondine veut le protéger de ses congénères, de même dans letableau de Chagall ou le titre confirme l’image : la sirène enlace le poète comme une amante, « la sirène au poète », une sorte de muse.. C’est le rôle que joue aussi la sirène de Desnos. Moins positive, mais peu dangereuse, la sirène de Bertrand n’offre pas un grand pouvoir d’attraction et le poète peut facilement lui résister. Elle disparaît en se dissolvant dans « une giboulée » donnant naissanceà un tableau éphémère et beau.
o Ainsi Giraudoux est celui qui reste le plus près du mythe initial d’Homère dont il s’inspire pour Ondine. Les autres artistes s’approprient le thème et transforme le personnage en une amante protectrice ou inspiratrice.

LA DISSERTATION :

Analyse du sujet

• Le sujet est composé de trois parties :
o Une citation prise dans le corpus(texte de Giraudoux) et qui fait un clin d’œil au lecteur spectateur en référence à la réécriture
o Une question restrictive et péjorative (« ne soit qu’une forme de copie ») élargie à une autre approche de la réécriture (« ou qu’elle constitue une véritable création »)
o Une consigne traditionnelle dans sa forme (répondre à la question/argumenter/s’appuyer sur les textes ducorpus/ajouter ses connaissances personnelles et le cours)
• La question contient les deux axes de l’argumentation :
o La réécriture est péjorative car elle est une copie, un plagiat
▪ Toute réécriture part d’une copie inévitable mais reste-t-elle toujours à ce niveau ?
o La réécriture peut aussi constituer une création à part entière
▪ Se...