La raison d'etat

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  • Publié le : 20 avril 2011
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Histoire des idées politiques, Université de Lausanne
Problématique sur Friedrich Meinecke et la Raison d’Etat

La définition de la Raison d’Etat pouvant varier d’un philosophe politique à un autre, il convient d’en définir les caractéristiques variables. Dans le cas de Friedrich Meinecke, nous nous pencherons tout particulièrement sur les ambigüités suivantes : le rapport entre les intérêtspropres du souverain et les intérêts de l’état, ainsi que le rapport de la puissance étatique aux devoirs moraux du souverain. Les buts antagonistes respectifs du souverain et de son état sont des problématiques reposant sur la question du risque éternel de voir une tyrannie apparaître. Ici est donc abordée la difficile question du jugement de la moralité du souverain et donc de la légitimité dupouvoir qui lui est accordé. D’autre part, la Raison d’Etat au sens de Meinecke comporte une dimension du rapport entre le devoir moral et les moyens à disposition du souverain, soit de la dichotomie du sens pratique et des jugements de valeur.

L’état est perçu par Meinecke comme une entité profondément contextuelle. Il cite notamment les différences géographiques, absolument déterminantes pourla Raison d’Etat et pour dicter la conduite exacte du souverain. Meinecke fait également allusion à la complexité des différentes valeurs de la population de l’état. Il s’agit là d’autant de variables déterminant la nature de la Raison d’Etat. Ainsi doté d’une multitude de contraintes inhérentes, l’état ne devient, selon Meinecke, correctement gérable que par une seule manière précise de gouverner.L’intervention optimale du souverain dans son état correspond à ce qu’il convient d’appeler le « meilleur bien » de l’état. La vision de Meinecke de l’état semble ici, à l’instar de chez Hobbes, correspondre à celle d’un objet de science, qu’il est possible de connaître et de traiter d’une façon que l’on pourrait qualifier de rationnelle. Dans cette vision, il semble donc impliqué qu’un souverainaie des moyens efficace de saisir la réalité de son état. La question demeure cependant de la nature de ces moyens. Le souverain peut-il d’emblée se faire attribuer une aussi pleine clairvoyance ? Cet élément étant fondamental chez Meinecke, il convient de s’interroger sur des obstacles éventuels à une parfaite connaissance de l’état. Par ailleurs, nous pouvons également nous interroger sur lesmoyens de juger un souverain capable d’observer, aussi méticuleusement que Meinecke le préconise, les différentes facettes de la vie politique.

La plus grande complexité du modèle de Meinecke réside dans une gestion de l’état qui se partage entre la conservation du pouvoir, et le bien de l’état. Le pouvoir du souverain est, en effet, l’outil indispensable à ses démarches. Le souverain doit aussibien veiller à la conservation de son outil fondamental qu’à la pleine réalisation de ses devoirs moraux. La plus grande question se posant dès cet instant est de savoir quand l’un des deux aspects de la Raison d’Etat doit être délaissé au profit de l’autre. Meinecke souligne, pour commencer, que l’homme d’état ne peut, aussi simplement que cela puisse paraître, se laisser aller à n’utiliser sonpouvoir qu’à des fins personnelles, sans quoi il menacerait sa puissance en elle-même, agissant par trop de façon inadéquate avec la situation de l’état. Mais il arrive aussi bien que le souverain se voie amener à transgresser la morale étatique dans un soucis de conservation de son pouvoir, soit dans une perspective d’avenir où il se réserve encore la responsabilité d’assurer le bien de l’état.Ce cas de figure, comme le suggère Meinecke, se constate essentiellement dans le cadre de la politique extérieure ; lorsque l’état se voit menacé d’être attaqué par un autre état, la guerre peut être de mise pour assurer un avenir qui ne tomberait pas entre les mains d’un autre souverain immoral. En revanche, pour ce qui est de la politique intérieure, Meinecke estime que les intérêts de l’état...
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