La recherche de la grande dimension est-elle inéluctable pour les entreprises dans le système capitaliste ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 40 (9886 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 11 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
La recherche de la grande dimension est-elle inéluctable pour l’entreprise dans le système capitaliste ? (ECRICOME, 2000)
Des petits ateliers des canuts au XIX° siècle aux «géants» mondiaux des télécommunications de ce début de XXI° siècle, l’entreprise capitaliste s’est profondément transformée et agrandie. On est bien loin des «atomes» envisagés par la théorie néo-classique du dernier tiers duXIX°. La dimension des entreprises peut être appréhendée de différentes manières. L’agrandissement des centres de production renvoie à la question de la concentration des systèmes productifs. Il apparaît théoriquement à trois niveaux différents: à celui de l’établissement, à celui de l’entreprise et à celui du groupe. D’emblée, il importe de distinguer l’établissement - unité géographique de laproduction - de l’entreprise - entité juridique comprenant un ou plusieurs établissements. Quant au groupe, il constitue un centre de décision commun à un ensemble d’entreprises formé par une société-mère et par ses filiales. Ces définitions étant posées, la recherche de la grande dimension peut relever de la concentration technique, de la concentration économique et de la concentration financière.Comme les facteurs influençant ces concentrations ne sont pas de même nature, on peut s’interroger sur les transformations techniques, économiques voire psychologiques à l’oeuvre qui affectent la taille des établissements, des entreprises ou des groupes. Pour les établissements, cette taille se mesure la plupart du temps au nombre moyen de salariés par établissement (ou par l’importance ducapital technique mobilisé) et pour les entreprises à la part de marché (chiffre d’affaires ou valeur ajoutée) détenue dans la branche d’activité par les trois ou quatre plus grandes. La concentration financière, celle qui concerne les groupes, elle est plus difficile à appréhender parce qu’elle s’opère via des participations financières souvent croisées et parce qu’elle emprunte fréquemment la voie deconstitution de groupes multinationaux. On peut se poser la question de savoir si l’ensemble des transformations qui caractérisent l’évolution du (ou des) capitalisme(s) depuis deux siècles poussent toujours dans le sens d’une plus grande dimension, des établissements, des entreprises et des groupes. La première partie montrera que l’histoire longue valide a priori la thèse de la recherche de lagrande dimension par les entreprises capitalistes. Dans un second temps nous verrons que les mutations des capitalismes nationaux remettent partiellement en cause la recherche de la grande dimension. Enfin, la troisième partie essaiera d’aborder la nouvelle mondialisation, les nouvelles technologies et l’émergence du capitalisme patrimonial comme autant de phénomènes qui apportent un nouveléclairage pour envisager la question des dimensions de l’entreprise

I – Historiquement, la recherche de la grande dimension par les entreprises a longtemps été consubstantielle du développement du capitalisme A – Pendant plus d’un siècle, concentration technique, économique et financière progressent de conserve

Dans la première moitié du XIX° siècle, et plus particulièrement dans les pays du «earlystart», le capitalisme est avant tout familial et la faiblesse des capitaux mis en oeuvre corrobore assez largement la thèse d’un capitalisme de micro-unités n’ayant aucun pouvoir et subissant les forces de la concurrence. J. BOUVIER croit pouvoir discerner un modèle britannique, qui concerne aussi la France, caractérisé par une lente progression de la concentration. C’est donc l’hypothèsed’atomicité, la première des hypothèses de la concurrence pure et parfaite de la pensée néo-classique, qui paraît se vérifier à l’époque. En France, par exemple, le travail à domicile continue longtemps à l’emporter dans certains secteurs comme le textile ou la petite métallurgie. La concentration technique se mesure à la taille des établissements: des établissements toujours plus grands qui...
tracking img