La reine victoria

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  • Publié le : 24 novembre 2010
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dénoncent son indifférence au sort de lady Flora, son obstination d'enfant gâtée et sans cœur. On lit dans le Morning Post: «La reine peut être pardonnée, du fait de son inexpérience, de n'avoir pas fait taire les ragots de ses dames avant l'examen de lady Flora; mais elle n'a aucune excuse pour avoir estimé ne devoir aucune réparation pour le cruel traitement infligé à la malheureuse.» Lescandale est inouï. La reine est montrée du doigt aux courses d'Ascot et l'on craint le pire lors de l'enterrement de lady Flora.
Melbourne tente d'étouffer l'affaire qui prend des proportions inquiétantes, sans réussir à persuader le frère de lady Flora qui n'a pas l'intention d'en rester là. Bien au contraire, il exige une audience de la reine! Ce n'est plus une affaire de palais, cela devient uneaffaire d'Etat. Le duc de Wellington essaye à son tour de convaincre la famille, mais un oncle de Flora publie la version de sa nièce décédée dans le journal tory The Examiner, reprise dans le Times des 12 août et 16 septembre 1839.
«Quelques journaux londoniens ont attaqué systématiquement quelques-unes des déclarations que j'avais estimé nécessaire de faire à propos du traitement réservé à ladyFlora Hastings à Buckingham Palace. Si ces déclarations étaient mises en doute, je serais accusé de calomnie pour le restant de mes jours. Je vous prie donc de publier cette lettre de ma nièce.
«De lady Flora Hastings à M. Hamilton Fitzgerald, Buckhingham Palace le 8 mars 1839.«Mon cher oncle, je pense que vous n'avez pas encore entendu l'histoire dont tout Londres résonne. Mais vous lirez de mapropre plume le récit de l'abominable complot dont la bonté divine a bien voulu protéger la duchesse et moi-même, car il était destiné à ruiner nos réputations, même si j'en étais la première victime. Je n'ai aucun doute sur le nom de la personne étrangère, dont la haine pour la duchesse n'est pas un secret, qui tirait les ficelles. Je vous ai dit que j'étais malade en arrivant en ville, ayantsouffert de la vésicule avec son désagréable accompagnement de douleurs sur le côté et de maux d'estomac. Je me suis aussitôt remise entre les mains du docteur Clarke qui, médecin de la duchesse et de la reine, était le plus convenable à consulter.
«Malheureusement il traita un peu légèrement mes douleurs qu'il ne parvint pas à atténuer. Toutefois, une amélioration se manifesta au bout de quelquesjours. Aussi quelle ne fut pas ma surprise lorsque sir James Clarke vint me trouver pour m'annoncer que les dames de la cour étaient persuadées que j'avais été mariée - ou aurais dû l'être. Vous imaginez mon indignation. Devant mes dénégations, il me dit qu'il fallait me soumettre à un examen médical pour faire taire les rumeurs. Je me rendis compte que tout ceci avait été rapporté à la reine. Ledocteur s'en vint alors prévenir la duchesse que la reine ne me permettrait plus de paraître devant elle jusqu'à ce qu'un examen médical ait eu lieu. Lady Portman et lady Tavistock furent les plus acharnées après moi. Je me soumis à la plus indigne des auscultations et j'eus la satisfaction de me voir remettre un certificat signé par mes accusateurs, ainsi rédigé: il n'y a aucune raison de croireque la grossesse existe ou ait existé.
«Mon frère obtint de lord Melbourne l'assurance qu'il n'était mêlé en rien à la conspiration; puis il sollicita une audience de la reine afin de découvrir qui était à l'origine du complot. La reine se montra fort chagrinée du scandale. La duchesse renvoya sir James Clarke et refusa de recevoir lady Portman. Elle exigea également que les calomniatrices soientécartées de la cour, même si elles étaient protégées par la majorité du Parlement.»
Dans le même numéro, le Times publie l'entrefilet suivant: «Il nous a été demandé par M. Fitzgerald de publier la lettre suivante, ce qu'il estime indispensable à sa propre justification et utile à l'exposé des faits, et quant à l'origine de l'attaque concertée contre la réputation et les sentiments de lady Flora...
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