La religion dans don juan

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  • Publié le : 15 avril 2010
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La dimension religieuse de la pièce El Burlador de Sevilla
de Tirso de Molina

L’Eglise catholique espagnole va utiliser la popularité et le succès du théâtre pour mettre en garde ses fidèles et leur rappeler les principes de la foi.
La pièce El Burlador de Sévilla, n'échappe pas à la règle. (d'ailleurs les meilleurs dramaturges de l'époque sont aussi des religieux.)
(En 1971, Serge Maurelétudie L’Univers dramatique de Tirso de Molina en disant : « Ce n’est qu’au sein de ce système du péché qu’il nous sera possible d’entrevoir la signification profonde du personnage et la mission d’édification qui lui est dévolue, le pourquoi en vue duquel il a été créé » car « El Burlador de Sevilla nous conduit, une nouvelle fois, à l’étude de la science dramatique faite pour contraindre lespectateur, le vaincre et le convaincre de se réformer lui-même. »)

I. Un héros baroque.
Tout d‘abord, Tirso de Molina met en scène Don Juan, un héros baroque qui vit dans l'instant et en toute liberté en défiant les lois des hommes. Or ce comportement subversif incarne les remises en question de l'époque et les grands courants de pensée qui commencent à ébranler l'Europe. Notamment, depuis laRenaissance, l'homme se demande de plus en plus s'il est libre ou s'il ne fait que suivre son destin, fixé par la main de Dieu. Ce débat sur la liberté de l’homme et la question de la prédestination est l’un plus fondamental que l’Europe ait connu aux XVI ème et XVII ème siècles. Il ne faut pas oublier que l’Espagne demeure entièrement catholique au XVII ème siècle face à une Europe divisée sur laquestion religieuse suite aux nouvelles théories d’Erasme et de Luther qui remettent en cause le dogme catholique. Et on peut dire que par ses aventures, son comportement et ses paroles, Don Juan illustre ce débat d’actualité au moment de la création de la pièce de Tirso de Molina.

Or, ces questionnements sont inquiétants pour l'Église qui ne souhaite pas une remise en cause de sa suprématie.L’Espagne va d’ailleurs lutter avec zèle contre le protestantisme. Donc c’est dans cette perspective que Tirso de Molina va donner un avertissement clair aux spectateurs qui viendront voir sa pièce : ceux qui seraient tentés ou séduits par de tels courants de pensée connaîtront le même sort que Don Juan à la fin de la pièce. Car à cette époque, tout individu qui ne redoute pas le pouvoir divindevient forcément un danger pour l'édifice social.
(D’autant que Don Juan semble appliquer les méthodes de Machiavel à la stratégie amoureuse. C’est un calculateur pour qui la fin justifie les moyens : les amis, les promesses, son nom même deviennent des instruments pour abuser. Or, à la même époque (XVIème siècle), il y a aussi en Europe un autre débat : celui sur le machiavélisme et sesconséquences destructrices (Le Prince en 1513), le Burlador prend sa part et Tirso de Molina va démontrer que celui qui ne redoute pas le châtiment divin (« Bien lointaine est votre échéance ») et ne reconnaît d’autre principe que la force (« je donnerai la mort, sans autre forme de procès, à qui, sur mon chemin, voudrait s’interposer »III) remet en cause l’édifice social et doit être éliminé. )

II. Versl’évidence de la toute puissance divine.
Ainsi, si dans sa pièce Tirso de Molina donne à Don Juan l'illusion de son libre arbitre, il va le conduire vers l'évidence de la toute puissance de Dieu.
En effet, Don Juan cumule les actions répréhensibles, ignorant les rappels à l'ordre et méprisant les mises en garde qu'il reçoit, qu'elles viennent de son valet :
Catalinon :
Vous payerez tout cela àl'heure de votre mort.
Don Juan :
Bien lointaine est mon échéance.
D’une femme :
Tisbea :
Que l'amour te lie à moi, ou que Dieu te punisse !
Don Juan :
Bien lointaine est mon échéance.
ou de son père :
Don Diego :
Prends garde que, si Dieu semble te tolérer, sa punition ne tarde pas et qu'il doit y avoir un châtiment pour ceux qui profanent son nom ! Et Dieu, quand vient la mort,...
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