La religion dans l'ingénu de voltaire

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  • Publié le : 26 septembre 2009
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Vision de la religion et des personnages religieux dans l’Ingénu de Voltaire

Alors que la France du XVIIIe se trouve sous l’influence religieuse de la doctrine janséniste, d’importantes modifications philosophiques se font ressentir, entraînant ainsi une grande réflexion sur bon nombre de thèmes comme l’idée de liberté dont les hommes des Lumières vont s’empresser d’en faire leur mot d’ordreet le principe de leur action. Les Lumières, ayant choisis la lumière comme symbole, sont un mouvement intellectuel, culturel et philosophique dénonçant la superstition et la tyrannie des siècles passés, s’engageant contre les oppressions morales, politiques et religieuses. L’idée des hommes des Lumières se diffusera petit à petit, notamment grâce au salon de l’aristocratie où tout le monde estconvié, tant qu’on y parle avec esprit. La diffusion de ce précepte se fera aussi par le biais des écrits car le siècle des Lumières est riche en auteur comme Voltaire qui fera une excellente satire de la société, de la politique et de la religion dans son œuvre L’Ingénu, reprenant ainsi les grands principes contre lesquels se battent les philosophes des Lumières.

Nous allons plusparticulièrement nous intéresser au cas de la religion dans l’œuvre de Voltaire, celle-ci ayant une place très importante, puisque l’histoire narrée se passe au temps de Louis XIV c'est-à-dire lorsque les jésuites sont au pouvoir, quelques années après que l’Edit de Nantes soit révoqué par influence.

Nous allons donc étudier L’Ingénu à travers la religion ainsi que les personnages religieux.

I/ LESPERSONNAGES RELIGIEUX

Afin d’étudier la satire religieuse faite par le narrateur, nous allons nous intéresser aux personnages représentant la religion en nous basant sur les différentes castes.

1) Le bas clergé

Pour commencer, nous allons analyser le comportement du bas clergé.

Tout d’abord étudions le prieur de Kerkabon qui est le premier personnage religieux qui apparait dansl’œuvre. Le narrateur nous en fait un portrait appréciatif au premier abord en nous disant que l’abbé est un « très bon ecclésiastique » (l.15), « aimé de ses voisins » (l.15) et qui « savait assez honnêtement de théologie ». Pourtant en y regardant de plus près, on s’aperçoit que le narrateur par des figures de rhétoriques comme le comique de mots, l’ironie, l’apposition… en fait un abbé hors normes.En effet le narrateur, après nous avoir dit qu’il était aimé de ses voisins qu’il l’était autrefois de ses voisines, nous apprend qu’il a rompu maintes fois son vœu de chasteté. Nous savons aussi que le prieur était considéré de ses voisins grâce à sa capacité à supporter l’alcool, décrédibilisant ainsi les hommes d’Eglise en les représentant comme une bande d’ivrogne par la phrase « c’est qu’ilétait le seul bénéficier du pays qu’on ne fût pas obligé de porter dans son lit quand il avait souper avec ses confrères ». On peut donc en conclure que pour un abbé, il ne respecte pas les principes de l’Eglise qui sont la chasteté et la modération. De plus on apprend qu’il ne sait qu’assez honnêtement de théologie et qu’il lit Rabelais alors que celui-ci est contre les théories de st Augustin quelit aussi le prieur.

On constate donc qu’aux yeux des bas bretons, la valeur du prieur dépend de son commerce avec les femmes, de sa capacité à supporter l’alcool ainsi que de ses lectures de Rabelais, qui ne font que décrédibiliser l’Eglise.

Ensuite analysons le personnage de l’abbé de St-Yves qui est le second religieux présenté dans l’œuvre. Le premier trait de caractère que l’onpeut déceler chez lui est la curiosité. En effet, à l’entente de la rumeur qu’un Huron se trouve au prieuré voisin il accourt avec sa sœur pour souper. Par ailleurs il fait partis de la « bonne compagnie du canton » ce qui laisse sous entendre que lui aussi est assez porté sur l’alcool. On décèle aussi une pointe d’ethnocentrisme dans ses propos puisque il demande au Huron quelle langue il...