La religion est-elle la seule cause des affrontements au xviie

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  • Publié le : 27 mai 2010
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Le sujet est facile, la réponse à la question est claire. Non, la religion ne suffit pas. La difficulté consiste plutôt dans l’organisation de l’exposé et dans une bonne gestion du temps de travail, car on est tenté de parler de la totalité du programme, on perd facilement le fil et on risque les redites.

Les documents : on n’est pas obligé des les utiliser, mais il vaut mieux lefaire. Ils concernent tous la période et les sujets que nous avons traités en cours. L’intitulé du sujet couvre toute la période, jusqu’au milieu du XVIIe, mais on pouvait très bien se limiter à la période que nous avons étudiée. Les documents sont clairs et cohérents, allant tous dans le sens d’une lecture politique et socio-économique des conflits religieux. Le seul qui pose problème estl’extrait de Buchanan, pas assez explicite : l’auteur est un tyrannicide, mais l’extrait ne le montre pas assez. Seuls indices : ses explications des extraits des Écritures qu’il cite. Ce qui compte n’est pas le salut du roi, ni l’obéissance au roi, mais la tranquillité de l’Église et la pratique des bonnes œuvres, donc si un roi ne permet pas la tranquillité de l’Église ni la pratique des bonnes œuvres,on peut se révolter contre lui. Mais il fallait connaître l’auteur pour le comprendre. Il n’y a aucun document sur l’exemple le plus flagrant de conflit religieux qui est avant tout un conflit politique : la révolte des Pays-Bas. Il était bien d’y faire allusion. Aucun document non plus sur la révolution anglaise, car nous n’en avons pas encore parlé.

Plusieurs plans possibles. Il n’était pasnécessaire de commencer par les 95 thèses, ni de dire que les débats entre théologiens et les différents courants de la réforme sont des conflits religieux. Le sujet invite à s’interroger sur les cas qui sont à la frontière, qui ont des explications multiples et sur lesquels les historiens ont eu à débattre. Le sujet invite à discuter aussi d’historiographie. Inutile de définir l’Europe, du point devue territorial. La seule définition pertinente est religieuse : un espace où une ancienne identité confessionnelle (partielle, car le schisme d’Orient l’a déjà brisée en 1054) et qui ne regroupe pas la totalité de la population, mais sa majorité (car les juifs n’ont pas été chassés de tous les États européens – cf. les États italiens et les États du Pape, y compris Avignon - et car, dans lapéninsule ibérique, juifs et musulmans convertis continuent de pratiquer leur religion) est en même temps menacée par la conquête Ottomane à ses frontières et par la rupture protestante dans son cœur.

La religion suffit-elle à expliquer les affrontements religieux en Europe entre le début du XVIe et le milieu du XVIIe siècle ?

Introduction

L’Europe de la première modernité est secouée par desconflits entre Etats, par des guerres civiles, par des politiques de répression, dans lesquels la religion joue un rôle considérable, voire prépondérant. Il s’agit de la lutte contre « l’infidèle », c’est-à-dire l’Empire Ottoman, qui avance dans les Balkans jusqu’à arriver à Budapest et jusqu’aux portes de Vienne, mais aussi des guerres qui déchirent la France dans la deuxième moitié du XVIesiècle, comme de la politique de répression de l’hérésie et de la sorcellerie dans les tribunaux de l’Inquisition italienne ou espagnole. L’époque est celle des réformes religieuses : la réforme protestante et la réforme catholique, qui est aussi, en partie une « contre-réforme », c’est-à-dire, notamment dans le cadre de l’œuvre disciplinaire du Concile de Trente, une réponse à la réforme protestante.Mais l’époque est aussi celle de la construction des « États modernes » et d’un nouvel équilibre politique et diplomatique à l’échelle européenne, qui verra le jour aux lendemains de la guerre des Trente ans, la dernière des guerres de religion qui ont déchiré l’espace européen de la première modernité. Mais pas le dernier des conflits entre différentes confessions : les affrontements entre...
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