La religion

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  • Publié le : 16 mars 2010
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La religion

Parler philosophiquement de religion, c’est s’interroger sur le phénomène religieux, sur la dimension universelle de toutes les religions. On ne débat pas sur l’objet de la croyance mais sur le fait religieux et les problèmes qu’il pose par delà la diversité des religions, cad. ce qui en fait l’unité.

Etymologie latine = incertaine : le terme viendrait :
1. soit du mot(re) legere qui signifie (re) lire, et par extension «recueillir», «réfléchir», orientant le sens du mot vers l' idée de foi et de vie intérieure, qui met l'accent sur la dimension personnelle de la religion.
2. soit du mot(re) ligare qui signifie attacher ou relier : au sens de «lien», de «relation» entretenue par l'homme, la religion peut s'entendre de deux manières :• en tant que lien vertical avec Dieu, donc d’ordre divin.
• en tant que lien horizontal entre les hommes, donc au sein des membres de la communauté.

I ) L’homme comme «animal religieux» («homo religiosus»)

La religiosité de l’homme serait née de la conscience de sa finitude. En fait, les hommes prennent réellement conscience de leur mortalité parempathie avec leurs congénères défunts. D’ailleurs, ils se préoccupent de leur dépouille comme en témoignent les rites funéraires.
→ Déjà, les hommes de Neandertal enterrent leurs morts..

A • Analyse des composantes communes aux religions.

Les sciences humaines ont observé des traits communs dans toutes les religions. Qu’il s’agisse
- de l’animisme : croyance en des esprits naturels.
- dupolythéisme : croyance en plusieurs dieux.
- du monothéisme : croyance en un seul Dieu (judaïsme, christianisme, islam),
les composantes sont similaires.

• Tout d’abord, toute religion se caractérise par des croyances en une réalité supérieure, cachée, invisible, qui transcende la réalité humaine en lui donnant une valeur. Des mythes racontent l’origine et la finalité du monde et de lacondition humaine. Ils révèlent des vérités, en ce qu'elles prétendent être vraies de toute éternité, et non pas au moyen de la démonstration. Ils donnent des réponses aux questions fondamentales de l'existence :
→ Pourquoi l’homme est-il devenu sexué ? mortel ? travailleur ? souffrant ?
Ces mythes peuvent devenir des dogmes, émanant directement du divin, soit par tradition orale ou par textessacrés.

• Ensuite, l’homme se sent surpassé par une grandeur incommensurable. On peut donc dire que la religion rabat comme l’orgueil de l’homme, car c'est par une révélation intérieure, par des sentiments et des émotions, par exemple, la crainte et la vénération envers l’absolument Autre, qu'il éprouve sa misère et sa faiblesse.

• Enfin, les religions, quelles qu’elles soient, comprennent desrègles de vie. Elles possèdent des codes de morale, définissant des valeurs ( le bien / le mal ) et posant des interdits. Ces règles ont, d’ailleurs, une valeur absolue et imposent des pratiques cultuelles (cérémonies, prières, sacrifices, rites de passage…) régissant les mœurs ou relations des hommes entre eux, mais aussi les relations des hommes avec le divin. Ces cultes sont presque toujoursorchestrés par des médiateurs privilégiés, les prêtres, investis d'une forte autorité et exerçant parfois un grand pouvoir politique.

Mais ne serait-ce pas l’attitude religieuse, au sens large d'attitude de dévotion, qui définirait la religion plutôt que la croyance en un ou plusieurs dieux (religion au sens étroit du terme)?
→ On peut prôner des valeurs morales, on peut rendre un culte à despersonnalités importantes, sans pour autant être croyant, religieux, au sens étroit du terme.

B • De l’existence des différentes religions à l'essence du religieux.

1. la pluralité des religions

Le phénomène religieux est diversifié et complexe. Il est aussi très ancien et quasi universel. Néanmoins, de nombreuses différences sont à noter. Même si le terme a d'abord désigné la...
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