La renaissance art

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  • Publié le : 29 mars 2011
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Le portrait de Sigismond Malatesta par Piero della Francesca

L’entrée au Louvre d’un tableau de Piero della Francesca, longtemps inespérée, et rendue possible par une subvention du gouvernement, comble une lacune des collections françaises d’autant plus sensible que l’artiste, dernier réssuscité des grands « primitifs » italiens, est devenu probablement le plus populaire d’entre eux,constamment sollicité par les artistes eux-même : rien ne preuve certes que Séurat qit étudié les copies des fresques d’Arezzo de l’Ecole des Beaux-Arts, ni que Cézanne ait vu quelques reproduction de la Mort d’Adam au moment de fixer la structure de ses Grands Baigneuses, mais on aimerait le supposer. Des cubistes bien sûr (L’hote salue en lui « le premier cubiste ») à Balthus et à tant d’autres quidepuis cinquante ans épinglent au mur de leur atelier des photographies d’Arezzo ou de Borgo San Sepolero, la ferveur est constante, que partagent nombre d’écrivains- André Suares, André Malraux, Yves Bonnefoy pour ne citer là encore que des noms français- sans être réservée désormais aux seules « happy few ». La route d’Arezzo et de Borgo San Sepolcro à Monterchi. Urbino et Rimini n’est-elle pas aussifréquentée que celle des pélerinages palladiens ? Qu’on ne s’y méprenne pourtant pas. Il ne s’agit pas d’un phénomène éphémère dans l’histoire du goût, d’une de ces résurgences brillantes et un peu futiles, dont les cercles littéraires font un temps bénéficier des « précurseurs » plaisants mais finalement mineurs, tels Arcimboldo ou Monsù Desiderio. Le cubisme de Piero n’est pas celui de LucaCambiaso. C’est que l’interprétation en clé « moderniste » de son style, celle d’Elie Faure par exemple, justifiée ou non par des références au plasticisme de notre temps, ne fait que suivre et enrichir une lecture de son oeuvre, historique et critique celle-là, qui l’a définitivement

On sait l’extrême rareté des oeuvres de Piero hors d’Italie : trois pièces majeures à la National Gallery deLondres, acquises parmi d’autres chefs-d’oeuvre du Quattrocento, avant que l’artiste n’ait repris son rang parmi le « monarques de la peinture », une fresque (Hercule) acheté en 1903 par Mrs. Gardner pour son musée de Boston, un petit tableau, très intéressant mais abimé (St Jérôme), entré en 1924 au musée de Berlin (aujourd’hui à Dahlem), trois panneaux de prédelle (Crucifixion) et de pilastresactuellement rêunis dans la collection Frick de d’atelier, tel était le bilan vers 1930. Il est significatif d’une telle rareté que l’immense quête suscitée par la formation des grandes collections des Etats-Unis et qui a sorti de l’ombre européenne tant de ses « primitif » particulièrement appréciés du goût américain- et précisément alors que la mode sacrait Piero demi-dieu- n’ait fait réapparaîtreque deux panneux de l’artiste, fort importants l’un comme l’autre, la Vierge aux anges de la collection Clark (aujourd’hui à Williamstown) publiée en 1930, et le Saint érangéliste exporté d’Autriche en 1936 pour rejoindre la collection Frick. Depuis lors deux tableaux sont venus compléter le catalogue de Piero, le Saint Augustin, entré en 1936 sous le nom de Cima de Conegliano au Museu de ArteAntiga de Lisbonne et identifié dix ans plus tard par Kenneth Clark, et le Portrait de Malatesta de la collection Contini-Bonacossi de Florence, révélé par Roberto Longhi dans la deuxième édition (préparée en 1942, parue seulement en 1946) de sa fameuse monographie (1927). 
dernier tableau était done le seul se trouvant encore en mains privées. Lorsqu’il devint accessible, il parut que l’occasions’offrait enfin de faire entrer Piero au Louvre, puisque notre musée, auquel la fresque d’Hercule, arrachée au Palais Graziani de San Sepolero, fut proposée en 1903, avait alors dû, faute de moyens suffisants, s’effacer devant Mrs. Gardner, et qu’on apprit seulement après la dernière guerre, et depuis que l’oeuvre se trouvait définitivement au Clark Art Institute de Williamstown, que l’admirable...
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