La repartition de la croissance économiques chez les classiques

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REVENUS

Profils sur le marché du travail et caractéristiques familiales des actifs pauvres
Pascale Breuil-Genier, Sophie Ponthieux et Jean-Paul Zoyem*
Le nombre de travailleurs pauvres varie sensiblement selon le seuil de pauvreté retenu et la durée de présence sur le marché du travail. Avec un seuil à 60 % du revenu médian par unité de consommation, on dénombrait, en 1994, 3,7 millionsd’actifs pauvres (présents sur le marché du travail au moins la moitié de l’année et vivant dans un ménage pauvre). Les quatre premières vagues du Panel européen (1994 à 1997) permettent d’étudier les alternances entre emploi et non-emploi de ces personnes et les liens entre profil d’activité et risque de pauvreté. Sur un horizon de trois ans, les profils des actifs pauvres apparaissent relativementstables : près des deux tiers d’entre eux sont dans la même catégorie (emploi, alternance emploi/non-emploi, non-emploi) en 1994 et en 1997. Cependant, le terme « actifs pauvres » regroupe des personnes très différentes du point de vue des situations et des parcours d’activité suivis : quatre sur dix sont toujours en emploi lors des quatre années observées alors qu’une sur dix ne l’est jamais.L’étude de cinq catégories d’actifs confirme le lien entre profil d’activité et risque de pauvreté. Un même profil d’activité est cependant associé à des risques de pauvreté inégaux selon les configurations familiales. En particulier, quel que soit le nombre d’enfants, un conjoint inactif diminue la probabilité de sortir de la pauvreté. Les facteurs familiaux sembleraient d’ailleurs déterminer les plusfortes différences quant aux probabilités de sortie de la pauvreté.

* Pascale Breuil-Genier appartient à la division Revenus et patrimoine des ménages de l’Insee, Sophie Ponthieux à la division Conditions de vie des ménages et Jean-Paul Zoyem à la division Redistribution et politiques sociales. Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d’article.

ÉCONOMIE ETSTATISTIQUE N° 349-350, 2001-9/10

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usqu’au début des années 90 les études sur le marché du travail et celles relatives aux questions de pauvreté sont restées le plus souvent disjointes. Cette séparation des champs pouvait d’abord s’expliquer par le fait qu’il existait une sorte de consensus social selon lequel le travail permet de « (bien) gagner sa vie ». Si cette idée pouvait se justifier enpériode d’emploi stable à temps plein, elle l’est de moins en moins dans un environnement économique marqué par l’instabilité de l’emploi. Par ailleurs, les sources statistiques permettaient assez peu de traiter des questions reliant travail et pauvreté, la pauvreté étant habituellement évaluée au niveau du ménage et l’emploi au niveau de l’individu. En France, des sources fournissant del’information sur la situation sur le marché du travail au niveau des individus et sur les revenus des ménages ne sont devenues disponibles que récemment. Le Panel européen des ménages constitue l’une de ces sources ; avec quatre vagues actuellement disponibles (1994, 1995, 1996 et 1997), il permet d’avancer dans une exploration en termes de trajectoires.

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appartient à un ménage pauvre (3),c’est-à-dire à un ménage dont le revenu par unité de consommation est inférieur à un certain seuil. Les unités de consommation sont définies à partir de l’échelle d’équivalence de l’Insee (Hourriez et Olier, 1997) dite échelle OCDE modifiée (4). (1) (2) (3) (4) Pour identifier les ménages pauvres, on utilise le revenu mensuel déclaré au moment de l’enquête (5). Une approche fondée sur le revenu annuel donnedes estimations des travailleurs pauvres sensiblement plus faibles (6) (Lagarenne et Legendre, 2000 ; Zoyem, 2001). Cette seconde approche, qui permet de considérer pour le revenu et pour l’activité une même période de référence (l’année) n’a pas été possible dans cette étude, car elle n’aurait pas permis de disposer d’un échantillon de taille convenable pour l’analyse (cf. encadré 1)....