La sémantique générale aujourd'hui

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La sémantique générale aujourd’hui
de Michel Saucet

Édition « Le courrier du livre », 3ième édition

Introduction

Si la sémantique, discipline linguistique, traite du sens des mots et de leur évolution, la sémantique générale (de Korzybski) va s’intéresser à la manière dont nous appréhendons le monde, comment nous nous le représentons, comment nous communiquons à son sujet et quelle estl’influence du langage sur notre comportement. Ainsi, elle nous permet de prendre conscience du rapport que nous entretenons avec le sens que nous attribuons aux mots. C’est une approche neurosémantique et c’est en ce sens une métadiscipline.

Korzybski et son œuvre

Alfred Korzybski est né à Varsovie (Pologne) en 1879. Issu d’une famille de mathématiciens, d’ingénieurs et de scientifiques,il fait des études d’ingénieur à l’institut Polytechnique de Varsovie. Il s’engage dans l’armée Russe en 1914, refuse de rentrer en Russie après la guerre et occupe différents postes tout en poursuivant sa réflexion sur l’Homme, il publie dès 1921 et s’installe alors aux Etats-Unis. Il fonde en 1938, à Chicago, The Institute of General Semantics qu’il dirigea jusqu’à sa mort en 1950.

Le langageet le réel

L’usage du langage nous parait tellement naturel, spontané, que nous le considérons allant de soi or le langage est tout autant la source que l’expression de notre conditionnement psychologique et intellectuel.

Bien que pour tous les êtres humains, les organes de sens et notre système nerveux soient sensiblement équivalents, il existe différentes langues à la surface du globe cequi nous indique le caractère arbitraire liant le référent (la chose dont on parle) au symbole le représentant (le mot).
De plus les différences entre les structures de phrases (syntaxe) nous indiquent la façon dont chaque peuple organise et structure la réalité perçue.
Plus encore, « ...l’infrastructure linguistique (autrement dit la grammaire) de chaque langue ne constitue pas seulement‘l’instrument’ permettant d’exprimer des idées mais elle détermine bien plutôt la forme, qu’elle oriente et guide l’activité mentale de l’individu, trace le cadre dans lequel s’inscrit ses analyses, ses impressions, sa synthèse de tout ce que son esprit a enregistré... » (B.L.Whorf : Linguistique et anthropologie ; ed. Denoel, coll mediation, 1969)

Le langage possède une logique interne liée à sastructure. Nous pouvons, par le langage, démontrer, prouver, argumenter, exprimer nos émotions et nos sensations, nos pensées et nous ne nous en privons pas, oubliant que nos affirmations portent sur des symboles et non sur les choses. L’outil « langage » plaque ainsi la réalité à sa propre logique, imposant aux choses, au niveau du discours, de se plier à notre interprétation.
Au lieu de décrire cequi se passe, par ses découpages linguistiques, par sa structure, le langage nous donne une description de ce dont l’individu est conscient.

Nous organisons le monde en fonction de nos expériences, de notre éducation et le sens apparaît donc comme le lien entre le mot et l’expérience. Si le mot comme symbole collectif, appartient à une communauté linguistique (par exemple, le français), le sensqu’il recouvre est individuel.

Ainsi Korzybski a introduit la notion de carte et de territoire pour comprendre la relation que nous établissons entre les mots et les référents.
La carte est l’ensemble des mots que nous utilisons pour décrire une situation, une chose; le territoire, c’est le référent, c'est-à-dire la chose ou l’évènement.
Ainsi donc, chaque fois que je m’exprime je dessineune carte verbale, livrant par là même un répertoire d’expériences et la façon dont elles sont organisées.
Parler c’est donc interpréter le monde.

Connaissances factuelles et inférentielles

Si parler est interpréter le mode, il n’en demeure pas moins qu’en m’exprimant :
- Soit je relate des faits, c’est la connaissance factuelle : les affirmations factuelles (ou inférences) ne peuvent...