La sociologie du pouvoir

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  • Publié le : 4 avril 2011
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Titre: LA SOCIOLOGIE DU POUVOIR

Comme souvent il faut clarifier l’utilisation du terme. Dans le langage de tous les jours on parle du pouvoir pour désigner les gouvernants (par rapport aux gouvernés). Le pouvoir peut être utilisé dans le cadre de la présentation de la politique politicienne. On trouve parfois le mot pouvoir comme synonyme de majorité, c’est-à-dire, le pouvoir en place. Lepouvoir est aussi utilisé pour désigner l’ensemble des pouvoirs publics, des institutions.
Il existe une deuxième perspective quelque peu plus savante : la conception substantialiste du pouvoir. Elle intéresse plutôt les philosophes et les spécialistes du pouvoir politique. Le pouvoir est alors considéré comme une essence (avoir du pouvoir = avoir des ressources, un capital, ou avoir un carburant)c’est-à-dire qu’il permet d’obtenir des profits, des bénéfices.
Il existe une déf abstraite : le pouvoir est une capacité de commandement existant par soi et pour soi.
Il existe une troisième perspective qui est l’approche inter-actionnelle du pouvoir. Il est envisagé sous l’angle de relations particulières entre deux ou plusieurs personnes. Cette relation est inégale. « Le pouvoir est toute chancede faire triompher au sein d’une relation sociale sa propre volonté même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette chance » Weber. On retiendra cette troisième perspective pour parler de la sociologie du pouvoir. Ces études sont menées à deux niveaux. Il y a celles qui s’intéressent à la relation de pouvoir en elle-même. Et il y a celles qui s’intéressent tout particulièrement à larelation de domination.

SECTION I : la relation de pouvoir.
Paragraphe 1 : plusieurs types d’approches théoriques.

a/ définition du pouvoir par rapport à la liberté

Avoir du pouvoir c’est détenir une capacité de limiter la liberté d’autrui. Pouvoir et liberté sont donc d’abord présentés comme un couple antagonistes. Cette conception s’inscrit dans la lignée des Lumières et se retrouveau cœur du libéralisme avec le droit naturel. La liberté individuelle est associée à une idée selon laquelle il y a des attitudes qui constituent un domaine qui doit être protégé contre le contrôle de la puissance publique. Dans ce domaine, la loi ne peut pas interdire ou limiter arbitrairement l’exercice de cette liberté mais elle doit intervenir pour protéger ce domaine. Cette conception est aucœur de l’analyse concernant l’Etat de droit et les droits de l’Homme.
On peut ici penser à Constant qui évoquait la liberté des anciens (liberté participation : la liberté consistait à assurer la participation effective des citoyens à la prise de décision mais rien ne limitait le domaine de la loi, les lois pouvaient être totalement répressives) et la liberté des modernes (liberté autonomie quipostule la sphère d’initiative individuelle que l’Etat doit protéger). Cette vision de Constant correspond aussi à une certaine étape du libéralisme politique où libéralisme et démocratie ne font pas encore bon ménage. Pour Constant, tous les hommes n’ont pas la capacité de bénéficier de cette liberté autonomie. Ce sont les économistes libéraux qui vont faciliter le rapprochement entre libéralismeet démocratie par le biais de la liberté de marché qui repose sur la liberté de choix des acteurs, ce qui nécessite une liberté maximale. Cette vision du pouvoir menaçant la liberté individuelle exige l’existence de mécanismes institutionnels qui permettent au citoyen de se protéger de l’arbitraire. C’est autour de cette idée que va se développer le constitutionnalisme. Les Constitutions ont étéinventées pour limiter l’exercice du pouvoir et protéger le citoyen. Ces procédures de contrôle ont eu des prolongements modernes avec le contrôle de constitutionnalité…
Ce libéralisme assigne au pouvoir politique un certain rôle qui est surtout un rôle de protection et de facilitateur de l’exercice des libertés. C’est le « laissez faire, laissez passer » + « Etat gendarme ». Est-ce que cela...
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