La stigmatisation

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  • Publié le : 4 mai 2011
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Un fait social établi : La stigmatisation

Dans Les règles de la méthode sociologique, Emile Durkheim définit le fait social comme « toute manière d'agir, de penser, de sentir, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure; et, qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses diverses manifestations auniveau individuel ». Par son extériorité, le fait social transcende l’individu et agit sur ce dernier de manière inconsciente. Il est doté d’un pouvoir coercitif, il s’impose à l’individu, le contraignant à adopter dans ses conduites et opinions un certain respect de règles de « convenance ».

Etymologiquement, le terme de stigmatisation provient du latin « sigma » (marquer) et du suffixe «atio » (action de). Originellement, il était employé pour désigner le marquage du bétail ou des esclaves au fer rouge. Erving Goffman, dans son ouvrage intitulé Stigmate, les usages sociaux des handicaps, tend à conceptualiser le terme et à en recenser les différents usages acceptables en sociologie. Selon lui, nous avons tendance, lors de nos rencontres routinières à répartir les individus encatégories. Cette catégorisation s’inscrit dans une logique d’appartenance à une identité sociale. Si une personne possède un attribut spécifique, lui conférant une différence quant à la norme, on dit alors qu’elle est porteuse d’un stigmate. En ce sens, le stigmate est considéré comme un désavantage, un défaut vis-à-vis de la société modélisée, stéréotypée telle que nous la connaissons. Il existe troistypes de stigmates : Les « monstruosités corporelles », les « tares de caractère » et les caractéristiques tribales. Pour vivre en société, un individu lambda doit tisser des liens sociaux, ce qui signifie qu’il doit générer pour lui et pour autrui un certain sentiment d’appartenance collective, lui attribuant une place, un rôle social à endosser. Dès lors qu’une personne présente un stigmate,elle est considérée comme anormale, discreditable.

Cette stigmatisation de l’individu « différent » renvoie à une idée d’anormalité donnant lieu à un phénomène de désocialisation. Ainsi, dans une société où la large majorité des individus est valide, les personnes handicapées ne correspondent pas à la norme. Outre les marginaux, dont l’exclusion résulte d’un choix personnel, il est question biensouvent d’un processus subi. De façon globale, le handicap, de quelque nature que ce soit, apparait comme un désavantage social, découlant d’une déficience ou d’une incapacité, constituant une sorte de frein, de limite ou d’obstacle dans les tâches et actions courantes. La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapéesdéfinit le handicap dans toute sa diversité. L’article 2 déclare que « constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives oupsychiques, d’un polyhandicap ou trouble de santé invalidant ». Plus le désavantage, le handicap est important, plus la difficulté, voire impossibilité de se conformer aux normes se fait sentir.

Comme nous venons de le voir, la stigmatisation produit sur la vie sociale de la personne handicapée des effets négatifs, qui s’ajoutent aux difficultés déjà présentes par le simple fait des limitationsobjectives que le handicap lui impose en lui-même. Puisque les stéréotypes négatifs véhiculés par les normes sociales et culturelles disqualifient socialement les personnes handicapées en leur attribuant des capacités moindres ou des aptitudes intellectuelles diminuées, on peut dire que les représentations sociales liées au handicap sont stigmatisantes. Quel que soit le handicap et indépendamment...
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