La thérapeutique philosophique- epicure- lettre à ménécée

Pages: 7 (1620 mots) Publié le: 18 avril 2009
IV. La thérapeutique philosophique (§§ 132 - 135)
A. La prudence (§ 132)
Or le principe de tout cela et par conséquent le plus grand des biens c’est la prudence. Il faut donc la mettre au-dessus de la philosophie même, puisqu’elle est faite pour être la source de toutes les vertus, en nous enseignant qu’il n’y a pas moyen de vivre agréablement si l’on ne vit avec prudence, honnêteté et justice,et qu’il est impossible de vivre avec prudence, honnêteté et justice si l’on ne vit agréablement. (l. 179)

La prudence (jronhsiV) est le principe de la philosophie. La philosophie dans son sens théorique, comme étude scientifique[2] (et non mythologique) de la nature n’est pas une fin en soi. La recherche scientifique ne doit être poursuivie et ne prend son sens que dans la mesure où elle sedéveloppe en vue de l’éthique. Si les hommes étaient heureux, ils n’auraient qu’à jouir de leur bonheur. Ils ont besoin de connaître la nature pour dissiper leurs fausses représentations et travailler ainsi à en réaliser les conditions. Epicure va même plus loin, si la débauche assurait le bonheur, alors le sage serait un débauché.

« Si les causes qui produisent les plaisirs des gens dissolusdéfaisaient les craintes de la pensée, celles qui ont trait aux réalités célestes, à la mort et aux douleurs, et si en outre elles enseignaient la limite des désirs, nous n’aurions rien, jamais, à leur reprocher, eux qui seraient emplis de tous par les plaisirs, et qui d’un côté ne connaîtraient ce qui est souffrant ou affligé, ce qui est précisément le mal »

Maximes Capitales, X.

La science nese justifie que si elle permet de travailler au bonheur de l’homme[3].

« Il ne faut pas faire le philosophe, mais philosopher réellement ; car nous n’avons pas besoin d’une apparence de santé, mais de la santé véritable »

Sentences Vaticanes, 54

La prudence est la condition du plaisir qui lui-même conditionne la vertu. Mais il n’y a pas de véritable identité entre le plaisir et la vertu,plutôt une équivalence (un dernier argument contre les morales ascétiques) : si la vertu ne conduisait pas au plaisir (mais à la souffrance physique ou psychologique), il faudrait la fuir. Mais à l’inverse, aucun bonheur n’est à espérer sans prudence, sans sagesse pratique puisque c’est l’âme dans ses « raisonnements vigilants » qui détermine les conditions de la moralité qui sont aussi celles duplaisir.

B. Le sage (§ 133 - 134)
Et maintenant y a-t-il quelqu’un que tu mettes au-dessus du sage ? Il s’est fait sur les dieux des opinions pieuses ; il est constamment sans crainte en face de la mort ; il a su comprendre quel est le but de la nature ; il s’est rendu compte que ce souverain bien est facile à atteindre et à réaliser dans son intégrité qu’en revanche le mal le plus extrêmeest étroitement limité quant à la durée ou quant à l’intensité ; (190)

Le rappel des quatre éléments du tétrapharmakon précède l’énoncé de la condition fondamentale de l’éthique et du bonheur : la liberté qui est elle-même garantie par la physique et la théorie de la déclinaison des atomes (clinamen).

L’énoncé des quatre éléments forme une conclusion aux arguments développés précédemment. Lapiété véritable est la conséquence de la critique de la conception anthropomorphique des dieux et de la religion (§ 123, l. 20 à 43) ; la sérénité du sage face à la mort découle de l’analyse de la mort (§§ 124-126, l. 44 à 85) ; la facilité de l’éthique (le “souverain bien”) se comprend aisément à partir de la classification des désirs et de l’analyse des plaisirs (§§ 127-130, l. 8 à 142).

Il semoque du destin dont certains font le maître absolu des choses (198)

Pour Epicure, le destin n’est qu’une croyance qui dérive d’une fausse représentation du monde. Ceux qui croient à l’existence d’un déterminisme absolu[4] ne reconnaissent que des mouvements nécessaires dans la nature. La nécessité ne peut être le principe de tout ce qui est. Comment alors expliquer la liberté que nous...
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