La théorie des marchés contestables

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LECOMPTE Fabrice mardi 14 décembre 2004
Fiche technique n°40



La théorie des marchés contestables


Si la réglementation a été la règle jusqu’à la fin des années soixante, un certain nombre de critiques se développent à partir de cette date, notamment aux Etats-Unis.Beaucoup d’analyses empiriques mettent en évidence les défaillances de la réglementation, qui apparaissent souvent plus graves que les défaillances du marché auxquelles elles prétendaient remédier. Par exemple, la permanence des tensions inflationnistes est attribuée au cadre rigide de la réglementation, ce facteur a contribué à remettre en cause l’intervention publique. En situation d’imperfection dela concurrence, on ne concevait pas de remplacer la réglementation publique par la régulation par le marché, puisqu’on se référait au modèle traditionnel de la concurrence pure et parfaite. Il en est autrement si l’on se réfère au concept de « marché contestable » ou « disputable » développé dans la seconde moitié des années 80.

I. La théorie du marché traditionnelle…

Dans l’étude dela structure des marchés, la théorie microéconomique traditionnelle accorde une place très importante au nombre d’entreprises en concurrence. Dans cette optique, elle distingue un modèle idéal qui permet d’atteindre la meilleure allocation des ressources. Grâce d’une part à la tarification des biens et services à leur coût marginal, et d’autre part à l’incitation permanente à atteindre le coûtmoyen minimum. En l’occurrence, il s’agit du modèle de concurrence pure et parfaite.
En premier lieu, il se caractérise par le grand nombre d’entreprises qui empêche toute concentration du pouvoir de fixation des prix dans les mains de producteurs individuels. Toujours selon la théorie, une réduction de ce nombre d’entreprises correspond à un éloignement de l’optimum concurrentiel. Le monopole,situation où il n’y a qu’un producteur, apparaît ici comme le cas extrême. Mais dans tous les autres cas, à savoir l’oligopole, le cartel, ou en concurrence monopolistique, on obtient toujours ou presque un résultat de même nature qu’en situation ne monopole. En effet, certains producteurs, de par le pouvoir économique qu’ils concentrent, peuvent pratiquer un prix supérieur au coût marginal, le coûtmoyen n’étant pas à son minimum en longue période. Or, toutes ces situations se traduisent par une réduction du nombre de producteurs indépendants. De ce fait, dans l’optique traditionnelle, la préservation de la concurrence a souvent été assimilée au maintien d’un grand nombre d’entreprises. D’où la condamnation libérale, des monopoles bien entendu, mais aussi d’une trop forte concentration desentreprises.

II. …enrichit par la théorie des marchés contestables

La théorie des marchés contestables, ou disputables, développée par Baumol, Panzar et Willig à partir d’un ouvrage datant de 1982 (intitulé Contestable Markets and the Theory of Industry Structure) révise cette approche.
Elle ne contredit pas la plupart des résultats traditionnels mais propose une conception pluslarge et plus aboutie de la nature du processus concurrentiel.
Baumol insiste sur le fait que le degré de concurrence sur un marché ne dépend pas du nombre de firmes qui y sont réellement présentes ni de leur faible dimension par rapport à la taille du marché. En effet, même sur un marché où il y a peu de producteurs, ceux-ci peuvent être obligés de se comporter comme en situation de concurrence duseul fait de la menace potentielle représentée par l’entrée d’éventuels concurrents.
Ainsi l’idée fondatrice est que ce qui détermine le degré de concurrence et le comportement de la ou des firmes est la possibilité, plus ou moins grande, qu’ont des firmes extérieures au marché d’y entrer et d’y contester la position acquise par des firmes en place.

Un marché est dit contestable si la...
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