La vague

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  • Publié le : 17 novembre 2011
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Cela ne pourrait pas se reproduire chez nous ». C’est par cette réponse qu’est souvent évacué le débat sur l’origine du totalitarisme et son possible retour au sein de nos sociétés modernes. Cela ne pourrait pas se reproduire ? Pas si sur. C’est à cette question, somme toute vertigineuse, que le roman La Vague de Todd Strasser se propose de donner une piste de réflexion. Inspiré de faits réelsqui se sont produits en 1969 dans une petite ville des Etats-Unis, le roman montre comment un simple jeu peut donner lieu à un microcosme totalitaire.

Professeur atypique et audacieux, Ben Ross s’est souvent distingué au sein du tranquille Lycée Gordon par ses méthodes d’enseignement peu orthodoxes et originales. Très apprécié de ses élèves, Ben Ross est décidément doué pour capter l’attentionet rendre passionnant un cours qui semblait rasoir de prime abord. Lorsqu’il doit traiter le sujet de la seconde guerre mondiale, Ben décide de projeter à ses élèves un film – que l’on devine être Nuit et Brouillard - afin de leur montrer ce que fut l’horreur de la shoah. Au terme de cette projection, Laurie Sanders, jeune et brillante lycéenne, pose cette question au professeur :

Comment lesAllemands ont-ils pu laisser les nazis assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu’ils n’en savaient rien ? Comment ont-ils pu faire une chose pareille ? Comment ont-ils pu dire une chose pareille.
Et ses camarades d’ajouter en parlant des nazis : « Moi en tout cas, je ne laisserais jamais une minorité de ce genre gouverner la majorité », « Oui, ce n’est pas un ou deuxnazis qui me forceraient à dire que je n’ai rien vu ni entendu ».

Quelques jours passent. Ben Ross reste tourmenté par ces questions auxquelles il n’a pu donner de réponse : il sait Pourquoi, mais ne peut expliquer le Comment ? Germe alors en lui une idée simple : pour comprendre il faut vivre. S’abandonnant à l’abondante littérature sur le sujet, il conçoit bientôt une sorte de jeu dans le but defaire ressentir à ses élèves ce que fut le nazisme. Il entre un matin dans la salle de classe et, sans un mot, écrit sur le tableau : LA FORCE PAR LA DISCIPLINE. A ses élèves interloqués, il décrit la force que peut procurer la discipline et leur propose d’instaurer quelques règles simples de fonctionnement : se tenir parfaitement droit sur sa chaise, entamer chaque question posée au professeurpar « Monsieur Ross », se lever pour parler et se rassoir aussitôt. Rapidement, les colonnes vertébrales se redressent, le professeur enchaîne les questions à la classe qui doit répondre de plus en plus rapidement, mécaniquement, toujours selon le schéma convenu : l’élève se lève pour répondre, commence sa phrase par « Monsieur Ross » et se rassoit le plus rapidement possible. Chaque élève qui setrompe, ne se lève pas ou oublie de dire « Monsieur Ross », doit impérativement recommencer, encore et encore, jusqu’à ce qu’il se corrige. Après une matinée d’entraînement, toute la classe marche au même rythme. Loin de refuser le jeu, elle y prend goût. Tout se passe comme si les élèves aimaient être dirigés.

Le deuxième jour de l’expérience, Ben Ross écrit au tableau : LA FORCE PAR LACOMMUNAUTE. Comme la veille, il propose quelques principes simples à la classe. Un nom : La Vague en tant que ce qui symbolise le mouvement vers un destin commun, un salut que les membres se doivent faire dès qu’ils se croisent et enfin, un uniforme que tous doivent porter.

Le dernier slogan qui est écrit au tableau est LA FORCE PAR L’ACTION. Les membres de la Vague reçoivent l’injonction (l’ordre ?)d’inviter d’autres élèves à rejoindre le mouvement, d’en parler autour d’eux et de faire la promotion des slogans. En quelques jours, l’auditoire du professeur Ross a doublé en effectif et un certain nombre d’élèves se mettent à sécher les cours pour venir se joindre aux réunions du mouvement. La Vague ne tarde pas à prendre une allure bien menaçante et broyante pour qui s’oppose à sa marche....
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