La vertu dans les liaisons dangereuses

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  • Publié le : 17 mars 2010
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LA VERTU DANS LES LIAISONS DANGEREUSES, LACLOS

Introduction
Laclos écrit Les Liaisons Dangereuses en 1782. Dans ce roman épistolaire, genre très prisé à l’époque, il met en scène des personnages qui se scindent en deux clans : les libertins manipulateurs (Valmont et Merteuil) face aux vertueux (Volanges, Rosemonde, Tourvel).
La vertu, sous la plume de Laclos, semble n'être exigée que desjeunes femmes. D’autre part, cette vertu peut prendre dans les LDD un visage plutôt ridicule, inhumain, froid et peu épanouissant : en effet, les femmes vertueuses sont des dévotes, des prudes dans ce roman.
Il ne faut pas oublier que vertu ne signifie pas impeccabilité, absence de péché, mais capacité à juger le mal et à réformer sa conduite, à tirer les leçons de ses manquements. Ce mot vient dulatin virtus qui signifie force. Il évolua au fil des siècles pour représenter tour à tour la force morale de prudence, la pratique du bien, puis la fidélité féminine. Nous pouvons donc remarquer que dans ce roman, Laclos exploite ce terme sous ces trois aspects.
Mais, quelle place peut occuper la vertu au sein d’un roman dominé par le libertinage ? Au terme de ce roman, reste-t-il encore un peude vertu ?
Dans un premier temps, nous examinerons les trois figures de la vertu, puis nous verrons comment les libertins corrompent la vertu et nous nous demanderons enfin si Les liaisons dangereuses est un roman vertueux ou libertin.

I/ Les figures de la vertu :
Rosemonde, Volanges et Tourvel : très différentes MAIS ont la même inclination religieuse.
Différentes de par leurs âges :grand-mère, mère, jeune épouse (représentent 3 stades différents de la vie. Sorte de « maturation » de la vertu ?) Différentes par leur position sociale : R. et V. font partie de l’aristocratie alors que T. est bourgeoise. trois femmes éloignées des hommes, trois femmes œuvrant pour la charité mais avec des formations spirituelles nécessairement différentes. Trois femmes aimant discourir, raisonner.a) Mme de Volanges :
Vol, qui doit marier sa fille élevée au couvent : on ne saura jamais rien du père et mari. Caricaturée dans le film, réduite à une mécanique comique, elle est plus riche dans le roman : ses erreurs et ses aveuglements ne sauraient masquer la noblesse de certains de ses scrupules. Vol s’en remet souvent à Dieu et à la Providence. Le film montre régulièrement la petitechapelle et la messe. Sa fille mise au couvent et son attachement à la religion peuvent nous faire penser que Volanges ne serait vertueuse que par respect de la religion. Mais, elle n’est pas dupe face à Valmont, (≠ Merteuil) comme le prouve la lettre 32 adressée à Tourvel « Voulez-vous donc, Mme, que je croie à la vertu de M. de Valmont ? » et « Quand il ne serait, comme vous le dites, qu’un exemple dudanger des liaisons, en serait-il moins lui-même une liaison dangereuse ? » Ici, chiasme à expliquer pour mise en valeur du titre de l’œuvre, celui abandonné et celui choisit. Mais, elle ne pense jamais à la situation de Merteuil, qui la manipule aisément grâce à l’hypocrisie. Donc, on peut penser que Volanges n’agit que pour protéger sa fille (?), notamment quand elle l’envoie chez Rosemondesuite à la découverte des lettres de Danceny (L. ?). C’est sans doute pour cela que Frears la tourne en ridicule dans le film, bien qu’elle aie le mot de la fin.

b) Mme de Rosemonde :
Une grand-mère de 84 ans qui vit à l’écart dans son château. Nuancée, subtile, intuitive mais raisonneuse, elle a surement connu la Régence. On ne sait rien de celui qui fut peut-être son mari. Elle est celle quiaccueille la villégiature. Ros s’en remettent souvent à Dieu et à la Providence, tout comme Volanges. La première fois qu’on la voit dans le film, elle est entrain de prier. Très attachée à son neveu et bien qu’elle en connaisse tout les défauts, elle espère et croit à sa conversion, à son repentir. On le voit bien dans le film, suite à la scène des pauvres, c’est elle qui lui parle de son œuvre...
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