La vie a-t-elle un sens?

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  • Publié le : 26 septembre 2010
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La vie a-t-elle un sens ? 

L’homme est continuellement en quête de sens, de signification. Il cherche par tous les moyens à expliquer ce qui se passe autour de lui et en lui, afin de ne pas vivre dans l’absurde. Car vivre sans donner de sens aux choses et à la vie est source de désespoir, de cynisme, de nihilisme. Dans l’incapacité de justifier la vie, nous serions amenés à nier toutfondement aux valeurs morales, tout sens à l’existence. Ce serait alors le chaos dans le monde. Il convient donc de se demander si l’homme peut ou non donner un sens à sa vie. Ou encore, si la vie a un sens. En admettant que ce soit le cas, chacun d’entre nous lui donnera-t-il un sens singulier, particulier ? Ou le sens de la vie est-il absolu ? En cela, y a-t-il une part de subjectivité dans lacompréhension de l’existence ?

Il s’agit donc de comprendre dans quelle mesure on peut dire que la vie n’a pas de sens, avant de voir en quoi, au contraire, on peut lui trouver une signification. Enfin, il conviendra de montrer que le sens de la vie n’est pas absolu, mais dépend de chacun d’entre nous.

Qui ne s’est pas déjà demandé, au moins une fois dans son existence : « à quoi bon » ? Eneffet, alors qu’on essaie de donner un sens à tout ce qui nous entoure, à nos actions et à notre vie, on se retrouve parfois confrontés à une réalité que l’on ne peut justifier. On peut alors, durant un instant, réfléchir avec pessimisme au sens de la vie. Effectivement, si l’on venait à comparer la somme de toutes les souffrances à la somme des plaisirs que l’on éprouve dans son existence, on serendrait compte que la souffrance prédomine. Schopenhauer affirme d’ailleurs, dans Le monde comme volonté et comme représentation, que « la vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui ; ce sont là les deux éléments dont elle est faite, en somme ». D’où l’interrogation « à quoi bon ? ». A quoi bon vivre, à quoi bon faire des efforts, si c’est uniquement pourmener une vie de souffrances ? Faut-il alors tuer en nous le désir de vivre pour échapper à la souffrance ? Mais en tuant ce désir, ne risquons-nous pas de nous diriger vers le néant, vers la mort ?

Si l’on poursuit un tel raisonnement, on dira que l’homme doit penser son existence dans l’horizon de la mort. Selon les existentialistes, qui placent au centre de leur réflexion l’existencehumaine, la condition fondamentale de l’homme est l’angoisse. Chacun est en effet seul face à lui-même pour décider du sens qu’il donnera à sa vie. Mais selon Heidegger, l’angoisse est indépassable. Face à elle, l’homme est privé de tout recours. C’est pour cela qu’il doit penser son existence en prenant en compte sa finitude. Or, si l’homme sait qu’il va mourir, comment peut-il donner un sens à sa vie,une vie dont la finalité est d’être réduite au néant ? Il devrait tenter de dépasser son angoisse, qui selon Freud, « en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine » (in L’avenir d’une illusion). En effet, dès l’enfance, l’être humain a ce besoin d’être protégé, protection que ne pourra apporter le père durant toute la vie de l’enfant, puisqueselon la nature des choses, il risquera de mourir avant lui. De ce fait, l’homme cherche une protection qui dure toute sa vie, protection apportée par Dieu. Or, en admettant que Dieu n’existe pas, l’homme se retrouverait piégé dans l’absurdité. C’est d’ailleurs ce qu’assure Schopenhauer, dans un discours marqué par le pessimisme.

Effectivement, Schopenhauer est athée et en tire des conséquencesradicales. Selon lui, si Dieu n’existe pas, alors la vie est totalement absurde. En effet, l’homme vit, souffre, fait des efforts, des sacrifices et ce sans obtenir de récompense (puisque sans Dieu, il n’y a pas de paradis), pour mourir à la fin. En cela, toutes ses actions sont sans but, sans fin. Il vivrait donc sans raison, pour rien. Ainsi, l’athéisme ramène la mort à un néant, et l’homme...
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