La vie

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  • Publié le : 16 mars 2010
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L’image du prince dans la culture politique
en France et en Angleterre aux XIVe et XVe siècles

Plus que jamais, la figure du prince est omniprésente dans la culture et les représentations politiques de la fin du Moyen Âge ; c’est une figure incontestée, il n’existe en France et en Angleterre à cette époque nulle forme de « républicanisme » à la manière de certaines cités italiennes.Mais cette force même de la figure princière est ambiguë.
D’une part, elle joue en faveur d’un renforcement des pouvoirs du prince (déjà amorcé aux XIIe et XIIIe siècles) et d’une exaltation de l’image du prince, à laquelle concourent les traités politiques, l’histoire, la littérature romanesque, l’iconographie, les rituels monarchiques publics, la vie de cour, etc.
Mais, cetteexaltation même expose et fragilise la figure du prince. Sur le plan personnel, ses mœurs peuvent être critiquées, sa légitimité remise en cause ; la dénonciation du tyran et de l’usurpateur sont le revers de la célébration du bon prince. Au plan politique, son gouvernement (regimen) est également soumis à de multiples formes de contestations : face aux « abus » du « mauvais gouvernement », on en appelleà la « réforme du royaume », i.-e. au retour au passé, au « bon temps de monseigneur saint Louis » ; aux exactions du pouvoir, aux impôts et aux réquisitions, on oppose la nécessité du consentement, voire de la participation du « pays » (quod omnes tangit ab omnibus tractari debet).
On examinera successivement les principales facettes de la figure princière au miroir de la littérature et dela pratique politiques du temps

Souveraineté et majesté du prince
[partie traitée en cours les 3 mars et 7 avril 2009 – résumé ci-dessous]

Les notions de « souveraineté » et de « majesté », très répandues dans le discours du temps, sont d’origine à la fois romaine et carolingienne. Elles renvoient à l’idée du prince législateur et doté de la « plénitude de pouvoir » (« pas desupérieur au temporel ») et de la certa scientia qui fonde la validité de ses décisions et jugements. Ce pouvoir n’est pas le fruit d’un contrat entre seigneur et vassaux, il est d’origine à la fois naturelle et divine.
A. – Souveraineté et majesté s’expriment d’abord par des gestes, symboles et rites qui entourent tous les moments importants de la vie publique du prince. Ces éléments ne sont pasnouveaux, mais ils acquièrent alors une force exceptionnelle, dont témoigne la rédaction de nouveaux ordines des principales cérémonies monarchiques : le s acres – les entrées – les funérailles, à quoi il faut ajouter baptêmes et mariages princiers, levées de l’oriflamme, visites et rencontres diplomatiques (ex. de la visite de l’empereur Charles IV de Luxembourg au roi Charles V à Paris en 1378).L’ostentation permanente de la majesté royale entraîne le développement de la vie de cour. A cet égard, la fin du Moyen Âge représente un moment de transition dans l’histoire des cours européennes, entre les cours « féodales », encore chevaleresques et monastiques des XIe-XIIIe siècles et les cours absolutistes, à la lourde étiquette, de l’époque moderne. L’essor de la vie de cour se marquepar :
– la multiplication des châteaux et résidences royales (désormais souvent distinctes du siège de l’administration centrale) ; ces résidences se caractérisent par leur taille, leur « modernisme », leur confort, la splendeur de leur architecture et de leur décor (sculptures, tapisseries, jardins).
– l’apparition de la « société de cour », milieu à la fois politique etculturel où se mêlent parents du roi, courtisans, conseillers, domestiques, clercs, artistes, etc. Cette société est structurée en « hôtels », mais connaît aussi des organismes symboliques (ordres de chevalerie, « cours amoureuses »)
– par le fait que, si la cour est lieu de décision et de réflexion politiques, elle devient aussi de plus en plus lieu d’ostentation du pouvoir (ce...
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