la ville de diégo suarez

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Un siècle d'urbanisme à Diego Suarez - 1ère partie : Une ville en train de naître (1885-1905)




Histoire - Jeudi, 05 Décembre 2013 07:21

Vue de la ville basse à la fin du XIXème siécle depuis l’actuelle place Joffre. Ce quartier est maintenant occupé par l’usine de la PFOI
Diego Suarez est la seule grande ville de Madagascar créée au XIXème siècle. En effet, quand les Françaiss'installent à Diego Suarez, en vertu du traité de 1885, Antsirane n'est qu'un petit village de quelques cases.
Leguevel de Lacombe, qui visite la région vers 1830 constate qu'« à la baie de Diego Suarez [...] on ne voit que de misérables villages composés de 20 ou 30 cases petites et peu solides ». En 1862 le Dr Gunst constate qu'« un vieillard sakalave, qui vit à Diego Suarez avec toute safamille, compose toute la population de ce vaste port ». En 1885, François de Mahy parle d'une « vingtaine de paillottes malgaches, abritant une population très pauvre, de 120 ou 150 habitants ». Et en 1886, le premier Commandant de Diégo évalue à 100 ou 150 le nombre d'habitants dans la « ville ». Mais ce village de pêcheurs va rapidement grandir en occupant la cuvette de 4 hectares serrée entre lamer et le plateau. Avec l'arrivée du gouverneur Froger, en 1887, la ville d'Antsirane va poursuivre son extension sur le plateau. Cependant, à partir de 1895, le développement urbain d'Antsirane va connaître un ralentissement dû au déplacement de certaines administrations à Tananarive. A telle enseigne qu'en 1898, le Général Gallieni promulgue un arrêté « Portant suppression momentanée de l'impôtfoncier sur la valeur locative des maisons à Diego Suarez », décision explicitée par la constatation suivante : « Considérant que par suite de la réduction du personnel administratif, du retrait de la garnison, le commerce local subit une crise dont il y a lieu de tenir compte ».
Mais à partir de 1900, Diego Suarez étant devenu « Point d'Appui de la Flotte de l'Océan Indien » la ville vareprendre son expansion et voir ses infrastructures se développer de façon importante. Cependant, du village de pêcheur à la ville « moderne » de Joffre, la ville, si elle s'est développée considérablement, l'a fait de façon assez désordonnée, sans trop se soucier d'esthétique et d'urbanisme.
La ville basse, une ville champignon
Les premiers voyageurs qui découvrent Diégo s'en désolent ou s'enamusent. Voilà la description féroce qu'en donne, en 1895, dans Au pays de Paul et Virginie un voyageur, déjà bien secoué par le voyage mouvementé qui l'a amené à Diégo : « Diego Suarez ne vaut guère la peine de s'exposer à de tels périls : c'est le plus triste lieu de la terre, et j'aimerais mieux vivre en Laponie que dans ce site désolé. Le village se compose de quelques maisons de bois disséminéessur des rochers arides [...] Je plains les pauvres soldats condamnés à mourir d'ennui dans cet affreux désert...» Pas plus d'enthousiasme chez C.Vray qui, dans Mes campagnes évoque son arrivée : « c'est pis que tout ce que nous pensions ; c'est plus triste, plus misérable que personne n'eût osé s'y attendre ». M de Kergovatz en 1892, lui, trouve le village particulièrement animé mais ne s'extasiepas sur son aspect : « Une ou deux maisons à étage dominent un enchevêtrement de cases couvertes en tôles ».
Les premiers efforts d'urbanisme
Pourtant, le gouverneur civil Froger, qui arrive en 1887, tente de développer la ville haute. Pour éviter le désordre de la ville basse où les parcelles constructibles avaient été distribuées sans plan préalable, un plan cadastral va être établi quidécoupera de façon géométrique l'espace offert aux civils par le système des concessions. L'arrêté du 16 novembre 1887 stipule que « les concessions urbaines qui n'auront pas été closes et habitées dans un délai de trois mois seront reprises par l'Administration ». Le nombre des maisons va donc se multiplier rapidement. En 1893, dans ses Impressions de voyage Marius Chabaud recense : « trois cent...
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