La ville imaginée

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2965 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 mars 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Du rêve à la réalité

Tout le monde rêve d’une ville idéale. Sauf ceux qui se disent déjà satisfait de la ville qu’ils habitent. Et ils sont rares. Aussi rares que ceux qui trouvent parfaite la société dans laquelle ils vivent.
Ainsi pour le philosophe grec Socrate, il était évident que la population d’une cité soit divisée en trois castes distinctes : les artisans, qui fabriquent,cultivent, créent ; les guerriers, chargés de la protection de la citée ; et les magistrats, qui gouvernent. Chacune ayant ses règles et ses taches propres, la société ne serait que mieux organisée et donc proche de la perfection.
Cependant penser la ville ne signifie pas uniquement imaginer son organisation politique. Il est également question de son architecture, de son organisation spatiale. Commentcette ville idéale serait-elle aménagée ?
C’est cette question qui a amené différents architectes à travers les siècles à élaborer des théories sur l’urbanisme. Charles-Edouard Jeanneret, un architecte du XXème siècle et plus connu sous le nom de le Corbusier, est l’un d’entre eux.

La ville moderne est ainsi devenue une catastrophe d’après l’architecte. Elle n’est plus qu’un désert depierre et de bitume où règnent le bruit et l‘ennui, où l’automobile a remplacé la nature et où toute règle de géométrie, d’ordre, a disparu.

Et c’est le désordre des centres-villes qui a fait naitre chez les citadins un désir d’évasion : fuir la ville pour se trouver un coin de calme et de verdure. La campagne environnant les cités est ainsi devenue la banlieue pavillonnaire. Une zoneaménagée sans plan ni liaison véritable avec l’agglomération où des pavillons trop petits constituent l’image même de la frustration. Ces millions de petites maisons ont entrainé la construction d’un réseau inextricable de routes, de voies ferrées, de canalisations d’eau, de gaz, d’électricité. La ville « s’éparpille » au point de devenir une « ville satellite ».

Selon le Corbusier, il fautrepartir de zéro. La ville est un ensemble, un tout, mais il est important d’en distinguer les composants pour connaître les différentes fonctions qui se superposent dans la vie urbaine. Pour lui il en existe quatre : habiter, travailler, cultiver le corps et l’esprit et circuler.
Dans cette logique la résidence devient l’élément le plus important de la ville, les gens y passant la plusgrande partie de la journée. Le but de l’architecte est de véritablement rendre la ville à l’Homme.
Ce que constate le Corbusier, c’est que le travail, les fonctions de productions, sont les plus privilégiées dans la ville post libérale. Ce sont les usines, les industries qui prennent le plus de place dans l’espace urbain ce qui inévitablement entraine un profond déséquilibre. Les citadinsperdent énormément d’énergie et de temps à simplement se rendre de leur domicile à leur lieu de travail. Il faut donc séparer les différentes activités de la vie urbaine, organiser la ville selon des secteurs, des quartiers ayant chacun leur fonction propre.

Un autre point qui rend compte du désir de le Corbusier est le système de mesure qu’il a inventé.

Pour ce qui est de l’habitat,le Corbusier veut densifier au maximum le centre des villes dans le but de supprimer la banlieue. Il reprend l’idée de « maisons communes » alors appliquée en URSS et propose des « unités d’habitation ». Ces unités, hautes de cinquante mètres et pouvant loger mille six cents personnes, sont séparées les unes des autres par une distance variant de 150 à 200 mètres et sont implantées en fonction dusoleil et du site dans un espace vert.

Dessin de le Corbusier

Ces logis rassemblés en hauteur et construits sur des pilotis, n’occupent qu’un espace réduit du sol. Là où il faut 32 hectares pour réaliser une cité-jardin horizontale de 1 600 habitants, l’unité d’habitation n’en nécessite que quatre pour le même nombre d’habitants. Cette nouvelle forme de l’habitat permet...