La ville

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  • Publié le : 2 avril 2011
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Emile Verhaeren, poemes

Emile Verhaeren, poète du XXe siècle fut initié par Edmond Picard qui lui indiqua la voie de la poésie dans laquelle déjà Verhaeren a des prédilections certaines.

Des Flamandes (1883) qui fait scandale à Les Moines, Verhaeren passe de la sensibilité à la célébration du Nord. Après s’être retiré du monde, et reclus, il sort trois livres des plus noirs, dits« pessimistes » par la critique Les Soirs (1887), Les Débâcles (1888), Les Flambeaux noirs (1888-1891). Après cette période assez sombre, il met à l’honneur la thématique de la « Ville », et fait ressortir la beauté des paysages, et il dépeint la vie moderne de l’époque. On peut citer comme références, entre autres textes, Les Campagnes hallucinées (1893), Les Villages illusoires (1894), Les Villestentaculaires (1895). Il ne cessera plus d’écrire, cependant la guerre bouleversera sa vie personnelle et poétique, elle inspirera à Emile Verhaeren son dernier recueil de poèmes Les Ailes rouges de la Guerre (1916). Cet homme du Nord nous quitte le 27 novembre 1916, écrasé par un train… il ne connaîtra pas la fin de la guerre…

Emile Verhaeren est un des écrivains francophones les plus célébrés de sontemps, moins connu aujourd’hui, ces textes subsistent et ne cesseront pas pour autant de plaire…

Poème étudié :

La ville
Tous les chemins vont vers la ville.

Du fond des brumes,
Avec tous ses étages en voyage
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d'un rêve, elle s'exhume.

Là-bas,
Ce sont des ponts musclés de fer,
Lancés, par bonds, à travers l'air ;
Ce sont des blocset des colonnes
Que décorent Sphinx et Gorgones ;
Ce sont des tours sur des faubourgs ;
Ce sont des millions de toits
Dressant au ciel leurs angles droits :
C'est la ville tentaculaire,
Debout,
Au bout des plaines et des domaines.

Des clartés rouges
Qui bougent
Sur des poteaux et des grands mâts,
Même à midi, brûlent encor
Comme des oeufs de pourpre et d'or ;
Le haut soleil ne sevoit pas :
Bouche de lumière, fermée
Par le charbon et la fumée.

Un fleuve de naphte et de poix
Bat les môles de pierre et les pontons de bois ;
Les sifflets crus des navires qui passent
Hurlent de peur dans le brouillard ;
Un fanal vert est leur regard
Vers l'océan et les espaces.

Des quais sonnent aux chocs de lourds fourgons ;
Des tombereaux grincent comme des gonds ;
Des balancesde fer font choir des cubes d'ombre
Et les glissent soudain en des sous-sols de feu ;
Des ponts s'ouvrant par le milieu,
Entre les mâts touffus dressent des gibets sombres
Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,
Immensément, par à travers
Les toits, les corniches et les murailles,
Face à face, comme en bataille.

Et tout là-bas, passent chevaux et roues,
Filent les trains, volel'effort,
Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues
Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.
Des rails ramifiés y descendent sous terre
Comme en des puits et des cratères
Pour reparaître au loin en réseaux clairs d'éclairs
Dans le vacarme et la poussière.
C'est la ville tentaculaire.

Analyse Du Poème L'ame De La Ville D'emile Verhaeren
L’âme de la ville :

Intro : intro de laplaine jusqu’à « paysages sordides et exaltants » + Malgré que cette ville ait été traversée par un épisode sanglant de l’histoire, ici c’est une vision positive que nous livre le poète.

Plan :

I) La ville espace de l’histoire :

Le texte se présente comme une analyse linéaire : la trajectoire du tps est visible ds l’espace ; Avant de s’étirer vers l’infini, la ville est d’abord un centreoù l’on plonge vers les origines (vers 1 à 18) et d’où l’on découvre l’horizon de l’avenir (vers 19 à 30). Ainsi, apparait au v.1 « l’ébauche, lente à naitre de la cité » (ébauche = Commencement de ce qui peut durer ou s’arrêter). Ce vers relate donc la naissance de la ville.
Vient ensuite l’évocation des « livres […] bibles » (v 9-10). Ces livres contiennent l’histoire de la ville et les «...
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