La vocation de la poésie est-elle, selon vous, de célébrer l’amour ou privilégiez-vous d’autres fonctions ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1335 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 juin 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Sujet: La vocation de la poésie est-elle, selon vous, de célébrer l’amour ou privilégiez-vous d’autres fonctions ?

Selon différents auteurs, la poésie, forme particulière de la littérature, peut avoir une valeur d’éducation, d’engagement, d’exaltation du beau, ou de célébration de l’amour.
D’après Soljenitsyne : « Une littérature […] qui n’ose communiquer à la société ses propres souffranceset aspirations, qui n’est pas capable d’apercevoir à temps les dangers sociaux et moraux qui la concernent, ne mérite même pas le nom de littérature ». Soljenitsyne nous dit donc que l’écrivain, et donc le poète, doit s’engager entièrement dans tous ses ouvrages.
Jean-Paul Sartre, auteur et philosophe du XXe siècle, pense que la poésie a une autre fonction : « La prose se sert des mots, la poésiesert les mots » (Qu’est-ce que la littérature ?). Selon Sartre, le poète, contrairement au prosateur, considère le mot comme un matériau comme le peintre ses couleurs et le musicien ses sons. Il ne peut donc s’engager et est réduit à l’exaltation de tout ce qui est beau et à l’expression de ses sentiments et de son amour.
La poésie a-t-elle pour seule vocation de célébrer l’amour, ou peut-elleavoir d’autres fonctions ?
Nous étudierons en un premier temps les diverses fonctions que peut avoir la poésie, avant de s’attarder sur l’exaltation de l’amour, une de ses visées les plus répandues.

La poésie peut tout d’abord avoir une visée purement éducative. Les Fables de Jean de La Fontaine, par exemple, sont connues pour les diverses morales qu’elles communiquent au lecteur, d’autant plusqu’elles étaient à l’origine destinées au Dauphin pour l’éduquer – « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes ». La Cour du Lion, par exemple, nous apprend qu’il ne faut pas toujours dire ce que l’on pense ; Le Lièvre et la Tortue, que mieux vaut faire quelque chose lentement mais dans sa totalité que rapidement mais à moitié ; Le Corbeau et le Renard, qu’il faut se méfier des adulateurs.Ces leçons sont communiquées par l’utilisation d’un présent de vérité générale ou d’un présent de l’impératif (« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », Le Corbeau et le Renard), ce qui met en évidence les valeurs injonctive et didactique des Fables.
La poésie a aussi permis à des poètes d’époques différentes de s’engager et de dénoncer les « dangers sociaux et moraux » de lasociété. Victor Hugo, auteur romantique du XIXe siècle, s’exila après le coup d’état de Louis Napoléon, et publia Les Châtiments, recueil de poèmes satiriques dans lesquels l’auteur cherche à discréditer le régime de Louis Napoléon Bonaparte (qu’il appelait « Napoléon le petit »). Dans son poème « Melancholia » des Contemplations, Victor Hugo dénonce le travail difficile et la maltraitance des enfants dansles mines et les usines. Jean de La Fontaine aussi s’est engagé dans ses Fables. Ayant la protection d’une des maîtresses du Roi Louis XIV, il s’insurgea contre les hypocrisies de la Cour et contre les mœurs de la bonne société. Dans les Obsèques de la Lionne, par exemple, il critique la servilité des courtisans et la façon dont ils s’adaptent tels des « caméléon[s] » à l’humeur du Roi Lion ;dans La Grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un Bœuf, les aspirations bourgeoises ; et dans le Corbeau et le Renard, les flatteries omniprésentes à la cour du Roi.
Certains poètes comme Baudelaire et Victor Hugo se sont parfois servis de la poésie et du registre lyrique (registre permettant l’expression des sentiments) pour communiquer à leur lecteur leurs émotions les plus intimes ainsique leurs pensées les plus profondes, espérant que le lecteur y retrouverait ses propres sentiments ou quelque chose de proche. Dans Les Contemplations de Victor Hugo, recueil de 158 poèmes répartis en six livres, l’auteur y transcrit ses souvenirs d’amour, de joie mais aussi de mort, de deuil et son mysticisme. Baudelaire s’est aussi servi de ce registre pour exalter la beauté : son poème «...